Entrisme : Emmanuel Macron convoque un nouveau conseil de défense à l’Élysée

Emmanuel Macron cherche la réponse politique après le rapport sur l’état de l’entrisme religieux en France. Plusieurs ministres sont attendus à l’Élysée pour faire des propositions.

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Entrisme : Emmanuel Macron convoque un nouveau conseil de défense à l’Élysée © Armees.com

Depuis la sortie du rapport sur la mouvance frériste, le sujet de l’entrisme occupe le haut de la pile sur le bureau d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État avait demandé des mesures ; il convoque un conseil de défense à l’Élysée sur le sujet.


Emmanuel Macron préoccupé par l’entrisme


En ce lundi 7 juillet 2025, un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale va se tenir à l’Élysée, centré sur l’entrisme des Frères musulmans. Ce rendez-vous stratégique, voulu par Emmanuel Macron, marque un tournant dans la gestion de cette mouvance religieuse à visée politique. Un mois et demi après une première réunion jugée inefficace, l’exécutif doit muscler sa réponse. Emmanuel Macron réunit donc un cercle restreint de ministres à l’Élysée pour un nouveau Conseil de défense. Le thème ? Le développement souterrain d’un islamisme conservateur via les réseaux proches des Frères musulmans. Cette réunion intervient après le camouflet du 21 mai 2025, où le chef de l’État avait dû constater la fuite dans la presse d’un rapport confidentiel, ce qui avait entraîné une vive colère présidentielle.


« Compte tenu de l’importance du sujet et de la gravité des faits établis, il a demandé au gouvernement de formuler de nouvelles propositions », déclarait alors laconiquement l’Élysée.Cette fois, la réunion se tient dans un format resserré, avec uniquement Bruno Retailleau (Intérieur), Élisabeth Borne (Éducation) et Marie Barsacq (Sports), selon les confirmations de l’AFP.


Des pistes évoquées


Le premier conseil, convoqué fin mai 2025, avait laissé un goût amer. Le rapport qui y était discuté pointait la stratégie des Frères musulmans de « développement par le bas », dénonçant une menace pour la « cohésion nationale ». Ce texte confidentiel, commandé par Macron, soulignait l’ancrage progressif du mouvement islamiste dans certains quartiers, sans toutefois prétendre à une généralisation.


La fuite du document avait profondément irrité le chef de l’État, qui n’avait pas mâché ses mots en privé. Ce conseil du 7 juillet 2025 est donc autant une relance stratégique qu’un exercice de recentrage politique. Des propositions seront faites pour lutter contre l’entrisme dans toutes les sphères de la société française. L’Élysée a indiqué que les ministres présents devaient soumettre des mesures « concrètes et applicables rapidement ».


Parmi les propositions étudiées figureraient la création d’un parquet administratif spécialisé, l’élargissement des outils de renseignement localisé et une meilleure coordination entre préfectures et rectorats. On évoque même, en coulisses, la nomination d’un référent national contre l’entrisme idéologique. Rien d’annoncé officiellement, mais la machine semble lancée.


Ce raidissement de l’exécutif sur la question de l’entrisme n’a pas tardé à faire réagir. À gauche, les critiques fusent. « Le gouvernement stigmatise une partie de la population », a dénoncé Manuel Bompard (LFI). Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a également alerté sur les « amalgames dangereux » que pourrait engendrer cette politique. À droite, les appels à une action radicale se multiplient. Marine Le Pen a exigé l’interdiction des structures liées aux Frères musulmans, estimant que « les financements occultes, les publications de propagande et les relais communautaires doivent être neutralisés ». Le gouvernement, lui, tente de naviguer entre efficacité et respect des libertés fondamentales.

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