Récemment, un avion Boeing flambant neuf, prévu pour une compagnie aérienne chinoise, a été renvoyé aux États-Unis. Ce fait montre bien comment la rivalité commerciale entre les États-Unis et la Chine perturbe le secteur aéronautique mondial.
La situation géopolitique et commerciale
La rivalité entre Washington et Pékin s’est intensifiée depuis que Donald Trump, alors président américain, a appliqué des tarifs douaniers dès le 2 avril sur de nombreux produits chinois. En retour, la Chine a mis en place des mesures analogues, touchant notamment le domaine aéronautique. Boeing se retrouve ainsi au cœur d’une guerre tarifaire (l’exclusion de Boeing par la Chine pour les importations en est une sérieuse illustration).
À l’origine, plusieurs avions devaient être livrés à des transporteurs chinois depuis le centre de finition de Zhoushan, situé près de Shanghai – un point névralgique dans la chaîne logistique de Boeing en Asie. Pourtant, l’un des premiers jets a quitté Zhoushan pour Seattle via Guam, sans atteindre son destinataire prévu.
Les acteurs en lice et leurs répercussions sur l’industrie
Parmi les protagonistes, il y a d’un côté Boeing, le constructeur, et de l’autre une compagnie aérienne chinoise qui attendait l’avion. La situation laisse planer des doutes sur les futures commandes, d’autant plus que Boeing a historiquement livré un quart de ses appareils à la Chine. À ce jour, environ 130 commandes pour des compagnies aériennes et des loueurs chinois demeurent non satisfaites, tandis que plus de 760 commandes supplémentaires, supposées répondre à la demande chinoise, n’ont pas encore trouvé acquéreur.
Les analystes estiment qu’un arrêt temporaire des livraisons vers la Chine ne devrait pas trop perturber Boeing, grâce à une bonne coordination avec ses fournisseurs pour compenser cette absence momentanée.
Réactions et suites possibles
Même si la situation est de taille, aucune consigne officielle n’a été diffusée aux compagnies aériennes concernant la réception des avions Boeing. Bloomberg rapporte par ailleurs que Pékin aurait demandé aux transporteurs chinois d’interrompre l’achat de pièces d’avions fabriquées aux États-Unis en raison des tensions géopolitiques.
Parallèlement, certains PDG de compagnies aériennes envisagent de repousser les livraisons plutôt que de devoir régler les droits de douane imposés par ce différend commercial. Ce climat d’incertitude pourrait freiner les investissements à venir dans le secteur de l’aviation.








