Une avancée majeure pour l’archéologie mexicaine vient de pointer le bout de son nez : on a mis au jour des objets préhispaniques dans la Cueva de Tlayócoc, en plein cœur de l’État de Guerrero. L’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH) a validé cette trouvaille qui nous éclaire sur les sociétés d’antan ayant vécu dans la région entre 950 et 1521 après J.-C. Ces vestiges pourraient bien être liés à l’ethnie disparue des Tlacotepehuas (cette ethnie, aujourd’hui disparue, occupe une place mystérieuse dans notre histoire préhispanique).
Une expédition qui en dit long
L’expédition qui a permis cette découverte a été menée par Yekaterina Katiya Pavlova, une exploratrice de grottes aguerrie, et elle éclaire sur les pratiques culturelles des sociétés d’antan. Accompagnée du guide local Adrián Beltrán Dimas, elle a réalisé une cartographie dans la grotte de Tlayócoc. En suivant une entrée submergée, ils ont fini par tomber sur une pièce secrète, révélant un véritable trésor archéologique.
Dans cette salle cachée, on a retrouvé 14 objets préhispaniques. Parmi eux, trois bracelets en coquillage gravés, un fragment de bracelet, une grosse coquille d’escargot (probablement attribuable à l’espèce Strombus sp.), un morceau de bois brûlé de 3,2 centimètres et huit disques de pierre. Ces disques, avec deux exemplaires complètes et six autres en partie abîmés, mesurent environ 9,5 centimètres de diamètre pour 0,5 centimètre d’épaisseur. On y remarque aussi de petites perforations qui suscitent bien des interrogations (ces détails laissent entrevoir un savoir-faire exceptionnel et symbolique).
Des symboles anciens et des lectures culturelles
Les bracelets arborent des motifs bien travaillés, comme des dessins en forme de « S » (appelés xonecuilli), des lignes en zigzag ainsi que des cercles dessinant des visages humains de profil. Ces dessins pourraient représenter des divinités et se rattachent à la cosmogonie préhispanique axée sur la création et la fertilité. D’après Cuauhtémoc Reyes Álvarez, archéologue à l’INAH, ces symboles témoignent d’un lien spirituel avec le monde souterrain ou ces lieux sacrés que représentaient les grottes pour ces anciennes civilisations.
Par ailleurs, on a constaté que les stalagmites de la grotte avaient été retravaillées à l’époque préhispanique pour adopter une forme plus arrondie, ce qui renforce l’idée que le site avait une vocation rituelle.
Cette trouvaille s’inscrit dans une période où le froid intense aurait poussé les habitants de la Sierra de Guerrero à s’installer à des altitudes moins élevées. On sait peu de choses sur les Tlacotepehuas, si ce n’est ce que consignait la chronique du XVIe siècle. Aujourd’hui, la communauté du Carrizal de Bravo se trouve à 2 397 mètres au-dessus du niveau de la mer, au cœur de forêts de pins et de chênes bien fournis.
Les autorités locales ont été immédiatement alertées pour mettre les découvertes à l’abri. Les spécialistes Cuauhtémoc Reyes Álvarez et Miguel Pérez Negrete du Centre INAH Guerrero, ainsi que Guillermina Valente Ramírez, historienne à l’Université Autonome de Guerrero, sont à pied d’œuvre pour approfondir les recherches.
Source : INAH








