Découverte archéologique en Espagne : le plus grand assemblage de perles préhistoriques

Une découverte fascinante en Espagne révèle plus de 270 000 perles préhistoriques, témoignant du rôle central des femmes dans la société ibérique d’il y a 5 000 ans.

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Découverte archéologique majeure en Espagne : le plus grand assemblage de perles préhistoriques
Photo by David W. Wheatley | Armees.com

Une équipe d’archéologues et d’historiens a récemment découvert, sur le site de Montelirio en Espagne, le plus grand ensemble de perles jamais trouvé dans une sépulture individuelle. Cette découverte, présentée en détail dans une étude publiée dans Science Advances par Leonardo García Sanjuán et son équipe, offre de nouvelles perspectives sur les structures sociales et culturelles de l’Ibère à l’âge du cuivre. Elle souligne notamment le rôle central des femmes dans la hiérarchie sociale de cette époque, remettant en question certaines idées préconçues sur les sociétés préhistoriques.

Photo de David W. Wheatley

Photo de David W. Wheatley

Un site funéraire pas comme les autres

Le site se trouve à Montelirio, en Espagne, et date d’un ancien cimetière de 2875 à 2635 avant J.-C. (petit retour sur l’histoire : ce lieu, découvert initialement en 1868, avait été laissé de côté pendant des décennies avant d’être sérieusement exploré à partir des années 1980). Utilisé pendant environ 200 ans, ce site accueillait de nombreuses tombes pour inhumations. La dernière étude s’est centrée sur une sépulture vieille de 5 000 ans dans le sud-ouest du pays, non loin de la fameuse « Dame d’Ivoire » (ce surnom vient des objets précieux comme un peigne en ivoire et une défense d’éléphant retrouvés à proximité).

Les restes humains découverts dans cette tombe font l’objet d’un vif intérêt. Vingt personnes y reposaient, dont quinze ont été identifiées comme des femmes. Le genre des cinq autres n’a pas pu être établi, ce qui suscite la curiosité des chercheurs. Comme le souligne Samuel Ramírez-Cruzado, « Ce type de sépulture n’est pas courant en Ibérie » et « il n’est pas habituel en Ibérie de voir la majorité des corps inhumés en un même lieu être féminins ».

Un assemblage de perles qui en dit long

Au cœur de cette découverte se trouve un impressionnant ensemble de plus de 270 000 perles façonnées dans des coquillages délicats, tout comme les structures en bois anciennes témoignent des compétences techniques des premiers humains. Chaque perle a été travaillée minutieusement à partir d’un coquillage unique, avec un trou percé en son centre. Ces perles étaient montées sur du lin pour confectionner des robes et des jupes rituelles, agrémentées de pendentifs en ivoire et en ambre.

Réaliser ces perles était un boulot de titan. Les spécialistes estiment qu’il fallait environ 10 minutes pour fabriquer une perle, accumulant ainsi plus de 800 kilogrammes de coquilles au total. Pour donner une idée (à titre d’illustration), dix artisans auraient travaillé huit heures par jour pendant sept mois afin de produire cet ensemble monumental.

Ce que ça nous apprend sur la société d’alors

Mais cette découverte ne se limite pas au matériel ; elle offre aussi des pistes fascinantes sur la vie sociale préhistorique. On peut en déduire que les femmes inhumées dans cette tombe occupaient une position sociale élevée, peut-être en tant que figures respectées jouant un rôle dans le domaine religieux et politique. Katharina Rebay-Salisbury explique à Livescience dans un email « le site entier est vraiment inhabituel » et précise que les méthodes d’analyse des chercheurs « laissent penser qu’il s’agissait d’un vêtement qui n’était certainement pas porté au quotidien ».

1 réflexion au sujet de « Découverte archéologique en Espagne : le plus grand assemblage de perles préhistoriques »

  1. Ah, oui, bien sûr ?
    Parce que, déjà à la préhistoire, les femmes ne servaient qu’à enfiler des perles ? Merci les super-machos espagnols !

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