La matière noire serait-elle responsable de ces nuages étranges ?

La matière noire compose 27% de l’univers, mais sa nature reste un mystère.

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Les mystères insaisissables de la matière noire
La matière noire serait-elle responsable de ces nuages étranges ? © Armees.com

La matière noire reste l’une des énigmes les plus fascinantes de l’astrophysique moderne. Elle représenterait environ 27% de la composition totale de l’univers et constituerait 85% de la matière cosmique. Pourtant, sa nature exacte reste un vrai casse-tête pour les scientifiques. Comme elle n’émet ni ne réfléchit la lumière, l’étudier se révèle particulièrement compliqué. On en déduit son existence indirectement grâce aux effets gravitationnels sur la matière visible. On sait aussi qu’elle est répartie de façon diffuse dans l’univers et qu’elle contribue à donner sa structure à l’ensemble du cosmos, comme le montre la découverte d’un filament cosmique.

Nature et candidats potentiels

Les particules censées composer la matière noire n’ont pas encore été repérées directement. Néanmoins, plusieurs idées existent pour tenter de cerner leur nature. On évoque notamment les Particules massives à interaction faible, ces particules théoriques lourdes et électriquement neutres qui n’interagissent que très faiblement avec la matière ordinaire. D’autres pistes parlent des Particules de type axion, extrêmement légères et qui interagiraient avec des champs électromagnétiques, ainsi que des trous noirs primordiaux – des objets invisibles apparus peu après le Big Bang. Par ailleurs, certaines théories, comme la gravité modifiée (MOND), cherchent à expliquer ces phénomènes sans faire appel à la matière noire.

Des avancées récentes laissent entendre que ces particules pourraient être plus légères que les fameux WIMPs. En se désintégrant, elles pourraient expliquer l’ionisation inhabituelle observée dans certains nuages moléculaires situés près du trou noir supermassif de notre galaxie. Plus précisément, les particules sub-GeV se désintègrent en produisant des paires d’électrons et de positrons, générant ainsi des photons d’environ 511 keV – un phénomène bien enregistré près du trou noir supermassif de notre galaxie.

Démarches de détection indirecte et observations

Joseph Silk et Paolo Gondolo ont imaginé une idée originale pour tenter de détecter indirectement la matière noire. Leur approche suggère que le centre des galaxies pourrait être une véritable usine à photons gamma, électrons, positrons, protons, antiprotons et neutrinos, autant d’indices qui pourraient trahir leur présence.

Les observations récentes montrent un taux d’ionisation élevé des molécules H2 dans la ZMC, un phénomène que les modèles actuels peinent à expliquer uniquement par les rayons cosmiques connus. L’annihilation de particules sub-GeV pourrait bien apporter un éclairage sur cette ionisation, un phénomène que les lentilles gravitationnelles pourraient aider à explorer.

Nouvelles avancées et perspectives à venir

Une équipe de l’Université métropolitaine de Tokyo a réalisé une vraie avancée en utilisant une technique spectrographique pour scruter deux galaxies naines – Leo V et Tucana II – à l’aide du télescope Magellan Clay au Chili. Ces observations cherchent à détecter indirectement les ALP en fixant leurs limites temporelles potentielles bien au-delà de l’âge actuel de l’univers, tout comme les observations du télescope James Webb révèlent des galaxies massives.

Les résultats enregistrés jusqu’ici sont parmi les plus stricts jamais obtenus. Ils mettent en lumière certaines anomalies ou variations inexpliquées dans les données disponibles, anomalies qui pourraient simplement provenir du bruit des instruments ou, au contraire, annoncer un phénomène encore inconnu. Quoi qu’il en soit, cela mérite d’être approfondi, notamment grâce aux futures observations avec le télescope spatial COSI.

La quête pour percer les secrets de la matière noire continue d’inspirer et de défier notre compréhension de l’univers. Avec les progrès technologiques à venir, on espère enfin lever le voile sur cette énigme qui façonne l’architecture de notre cosmos (ce qui nous permet d’en apprendre toujours plus sur l’univers dans lequel nous vivons).

Source : https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.134.051004

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