Le télescope spatial James Webb (JWST) vient de nous offrir des images surprenantes qui pourraient bien modifier notre façon de voir l’univers jeune, notamment avec la découverte des petits points rouges. Grâce à cet instrument ultra-performant, les chercheurs ont pu repérer d’énigmatiques galaxies massives surnommées les « monstres rouges » – autant dire qu’elles chamboulent nos idées sur l’évolution des galaxies. Ces nouvelles observations montrent à quel point la technologie spatiale est indispensable pour lever le voile sur les mystères de notre cosmos
Un univers jeune plus riche que prévu
Les observations du JWST ont mis en lumière que l’univers, à ses débuts, comptait entre 10 et 100 fois plus de galaxies que ce que l’on imaginait. Certaines d’entre elles se révélaient beaucoup plus grandes et élaborées que prévu, obligeant les scientifiques à revoir leurs analyses. Il s’est avéré que certaines galaxies étaient en réalité plus proches et moins massives qu’on le croyait jusqu’alors, ce qui vient chambouler nos connaissances actuelles.
Les particularités surprenantes des « monstres rouges »
Sur un total de 36 galaxies massives observées dans le cadre du programme Fresco du JWST, trois d’entre elles se distinguent en tant que « monstres rouges ». Ces galaxies se démarquent par le fait qu’elles ont transformé près de 50 % de leur matière disponible en étoiles (un chiffre vraiment impressionnant, surtout si on le compare à la Voie lactée). Leur taux de formation stellaire est même 500 fois supérieur à celui de notre galaxie. Ces résultats révèlent une quantité inattendue de galeries candidates déjà massives dans un univers encore jeune.
Le JWST a aussi permis de détecter ces galaxies à des décalages vers le rouge plus importants et avec une luminosité bien plus faible que celles relevées par les études submillimétriques précédentes.
Les énigmes de leur croissance rapide
La vitesse à laquelle ces « monstres rouges » semblent se développer pose quelques questions sur les phénomènes qui pourraient être à l’œuvre. Il se pourrait que ces galaxies se trouvent dans des zones très densément peuplées, susceptibles de devenir des amas galactiques, influencées par des éruptions cosmiques. Parmi les pistes envisagées, on retrouve une arrivée de gaz plus efficace par l’intermédiaire de filament cosmique, ou bien l’influence des trous noirs supermassifs qui compriment la matière autour d’eux.
Même si ces hypothèses se dessinent, elles ne remettent pas en cause le modèle cosmologique standard basé sur la matière noire froide Λ (constante cosmologique). Les études d’avant se fondaient surtout sur des données en ultraviolet, sans confirmation spectroscopique précise, d’où toute la valeur des récentes observations.
Bien que ces avancées soient significatives, il reste encore beaucoup à élucider. Davantage d’observations et des simulations plus poussées sont nécessaires pour affiner nos modèles sur l’évolution de l’univers. Pour citer David Elbaz, astrophysicien au CEA et co-auteur de l’étude parue dans Nature : « Les monstres rouges ne sont que le début d’une nouvelle ère dans notre exploration de l’univers primitif. » Il ajoute par ailleurs : « On n’arrive toujours pas à reproduire un univers aussi structuré aussi tôt dans le temps. »








