L’Antarctique, qu’on imagine souvent comme un désert de glace, recèle en réalité une histoire incroyable qui s’étend sur des millions d’années. Ce continent joue un rôle majeur dans l’équilibre de la température planétaire grâce à sa vaste calotte qui renvoie la plupart des rayons du soleil vers l’espace. Pourtant, il n’a pas toujours été couvert de glace. Il y a environ 90 millions d’années, c’était une terre verte, peuplée de forêts marécageuses et profitant d’un climat bien plus chaud qu’aujourd’hui.
Un passé tropical dévoilé par les sédiments
Une étude parue récemment dans la revue Nature nous éclaire sur cette époque reculée, quand le niveau de la mer était 558 mètres plus haut qu’actuellement, pendant le Crétacé moyen. À cette période, la surface pouvait atteindre jusqu’à 35 degrés Celsius dans les régions tropicales. Ces résultats proviennent de recherches menées sur le fond de la mer d’Amundsen, en Antarctique occidental.
Les chercheurs ont exploré cette zone entre février et mars 2017, en récupérant des échantillons près des glaciers Pine Island et Thwaites. Les scans CT des carottes de sédiments ont révélé des indices surprenants : des débris de sol forestier, du pollen, des spores et même un système racinaire.
Le rôle du CO2 et l’effet albédo
Les recherches ont aussi montré que, pendant cette période chaude du Crétacé, des concentrations élevées de dioxyde de carbone (CO2) jouaient un rôle de premier plan en maintenant ces températures au pôle Sud, ce qui empêchait la formation de glace malgré la situation polaire (un phénomène qui souligne la puissance des gaz à effet de serre).
Aujourd’hui, le continent antarctique illustre un procédé naturel fondamental : l’effet albédo. Grâce à la blancheur de la glace, cet effet permet de renvoyer une grande partie de la chaleur solaire, évitant ainsi que notre planète n’absorbe trop de chaleur.
Pourtant, cet équilibre délicat se trouve aujourd’hui menacé par nos activités modernes, notamment le réchauffement climatique. Les émissions de CO2 non maîtrisées font grimper les niveaux de la mer de manière inquiétante. Ces changements nous rappellent étrangement ceux survenus à l’époque où l’Antarctique était verdoyant.








