40 navires, 260 aéronefs et 57 000 soldats : les États-Unis et le Japon activent leurs forces dans le Pacifique après le déploiement du porte-avions chinois Liaoning

Pendant que le Liaoning et son escorte filent vers le Pacifique, 57 000 militaires américains et japonais s’apprêtent à manœuvrer juste à côté de Taïwan. Coïncidence de calendrier ou message adressé à Pékin ?

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40 navires, 260 aéronefs et 57 000 soldats : les États-Unis et le Japon activent leurs forces dans le Pacifique après le déploiement du porte-avions chinois Liaoning
40 navires, 260 aéronefs et 57 000 soldats : les États-Unis et le Japon activent leurs forces dans le Pacifique après le déploiement du porte-avions chinois Liaoning © Armees.com

L’état-major interarmées du ministère de la Défense du Japon a confirmé que, le 14 octobre 2026, une flottille de quatre navires de la marine de l’Armée populaire de libération a franchi le passage maritime entre l’île principale d’Okinawa et Miyako, en direction du sud-est vers le Pacifique.

À la tête de cette formation : le porte-avions Liaoning, de classe Kuznetsov, escorté par deux destroyers lance-missiles guidés de classe Renhai, l’Anshan et le Wuxi, ainsi qu’un destroyer de classe Luyang III, le Huainan.

Le même jour, les systèmes de détection japonais ont repéré des décollages et des atterrissages de chasseurs embarqués depuis le pont du Liaoning, dans une zone maritime située à environ 250 kilomètres au sud de l’île d’Ishigaki.

Face à ce passage, la Force maritime et aérienne d’autodéfense du Japon a mobilisé des unités de surveillance et de renseignement électronique. Le destroyer Yūgiri, de la 1ʳᵉ Flottille d’escorte basée à Yokosuka, a assuré un suivi constant de la flottille chinoise, relayé par des avions de patrouille maritime P-1 de la 4ᵉ Escadre aérienne d’Atsugi et P-3C de la 5ᵉ Escadre aérienne de Naha.

Cette présence navale chinoise va se chevaucher avec le déroulement de Keen Sword 27, l’exercice militaire bisannuel que les États-Unis et le Japon doivent mener du 19 au 29 octobre 2026 sur le territoire japonais et dans ses eaux environnantes.

L’exercice américano-japonais mobilise 45 000 militaires des Forces d’autodéfense

Le dispositif prévu pour cette édition réunit environ 45 000 militaires des Forces d’autodéfense japonaises, 6 100 véhicules, 40 navires de guerre et 260 aéronefs, auxquels s’ajoutent environ 12 000 militaires américains. L’édition précédente, Keen Sword 25, organisée en 2024, comptait 33 000 militaires, 30 navires et 250 aéronefs.

Au total, le déploiement conjoint mobilise 40 navires, 260 aéronefs et 57 000 hommes dans le Pacifique occidental, au moment même où le groupe aéronaval chinois opère dans des eaux proches de Taïwan.

Parmi les phases prévues figurent des manœuvres de défense insulaire avec missiles et des activités sur l’île de Yonaguni, à un peu plus de 100 kilomètres de la côte taïwanaise. Ce point est considéré comme le lien le plus direct de l’exercice avec un éventuel scénario de conflit dans le détroit de Taïwan.

Pékin assure que la mission ne vise aucun pays

La marine chinoise a annoncé l’envoi de ce groupe de tâches navales sur les réseaux sociaux, sans préciser ni la date exacte ni le lieu des exercices. Selon ses canaux officiels, la mission répond au plan d’entraînement annuel de routine destiné à renforcer la capacité de combat réelle de la flotte ; les manœuvres respecteraient le droit international et ne viseraient aucun pays ni objectif particulier.

Le spécialiste chinois des affaires militaires Zhang Junshe, cité par le média d’État Global Times, a pour sa part estimé que le Japon ne devrait pas exagérer l’ampleur de manœuvres qu’il juge légitimes.

Le Liaoning, premier porte-avions opérationnel de la Chine, avait déjà mené des manœuvres dans le Pacifique occidental en mai et juin 2026, lors d’une mission longue de 35 jours. En août 2026, des images satellitaires l’avaient repéré en mer Jaune, sans que Pékin ne communique sur les objectifs de ce mouvement ; le porte-avions Fujian, le plus moderne de la flotte chinoise et premier équipé de catapultes électromagnétiques, avait lui aussi quitté sa base à la même période.

Ce déploiement survient alors que l’USS George Washington a quitté le Pacifique pour le Moyen-Orient, où il devait relever l’USS Abraham Lincoln dans le cadre des opérations liées au conflit avec l’Iran, laissant temporairement la zone sans porte-avions américain déployé. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir un lien entre cette absence et le calendrier choisi par la marine chinoise.

Le porte-avions USS Theodore Roosevelt navigue de son côté dans le Pacifique en direction du Moyen-Orient, à 1 750 kilomètres du Japon, soit environ deux jours de route de la base navale de Yokosuka.

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