La Chine a récemment effectué des opérations militaires dans la zone allant de la mer de Chine à la mer des Philippines, attirant l’attention du monde entier. Deux porte-avions chinois, le Liaoning et le Shandong, ont ainsi pénétré dans une zone normalement sous surveillance américaine, ce qui soulève de nombreuses tensions géopolitiques.
Tensions dans la région
En mai et juin 2025, les porte-avions chinois ont franchi la première chaîne d’îles, qui comprend notamment l’île d’Okinawa et Taïwan, avant de filer vers Guam, un territoire américain abritant une base militaire stratégique. Ces déplacements surviennent à un moment où les revendications territoriales de la Chine, surtout concernant Taïwan, intensifient les tensions au niveau régional.
Les États-Unis ne sont pas restés les bras croisés. En appliquant leur doctrine des « chaînes d’îles » héritée de la Guerre froide, ils cherchent à freiner l’expansion navale de la Chine. Cette stratégie s’appuie sur trois lignes de défense dans le Pacifique :
- la première passe par le Japon, Okinawa, Taïwan, les Philippines jusqu’à la Malaisie ;
- la deuxième relie le Japon à Guam via Palau et l’Indonésie ;
- et la troisième s’étend des îles Aléoutiennes à la Nouvelle-Zélande en passant par Hawaï.
Un peu plus de détails sur les opérations en mer
Les exercices ont été particulièrement intenses, avec jusqu’à quatre-vingt-dix exercices de décollages et d’atterrissages chaque jour menés par les porte-avions chinois. Les avions de chasse ont même évolué à proximité des appareils de surveillance japonais, ce qui a mis les habitants de l’archipel nippon dans tous leurs états en raison des incidents aériens.
Cette démonstration de force a aussi provoqué une réaction diplomatique de la part du Japon. Après que les navires chinois ont traversé sa zone économique exclusive, Tokyo a entamé des discussions avec Pékin pour préciser que ces actions ne constituaient pas une menace directe pour son territoire. De son côté, Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a affirmé que ces activités étaient conformes au droit international et que la Chine adoptait une posture militaire défensive.
La stratégie chinoise et ses ambitions
Pékin ne compte pas s’arrêter là et souhaite continuer à manœuvrer ses porte-avions de manière autonome, même loin de son littoral, ce qui implique des manœuvres militaires. Selon Christopher Sharman, du Naval War College des États-Unis, cela implique un entraînement prolongé loin des bases chinoises. Pour le moment, la Chine dispose de trois porte-avions fonctionnant au diésel et prévoit d’en avoir six d’ici 2040, montrant clairement qu’elle veut remettre en question l’influence américaine dans la région.
De plus, avec plus de 400 navires, la flotte navale chinoise est aujourd’hui la plus imposante au monde. L’Armée populaire de libération multiplie les sorties en mer pour peaufiner ses capacités technologiques, logistiques ainsi que son expérience opérationnelle en haute mer.
La riposte américaine face aux plans chinois
Pour répondre aux mouvements de Pékin, l’USS Georges Washington, porte-avions américain, a quitté sa base navale de Yokosuka au Japon pour une mission importante. Les États-Unis continuent ainsi d’affirmer leur présence dans cette zone tout en protégeant leurs alliés, comme Taïwan.
Si la Chine décidait de prendre le contrôle de Taïwan, cela bouleverserait définitivement l’équilibre régional et remettrait sérieusement en question toute démarche américaine visant à limiter l’expansion de Pékin. La capacité de projection de force que pourrait acquérir la Chine avec Taïwan représente un sujet de préoccupation majeur pour Washington, notamment en raison des ventes d’armes.








