En marge du défilé militaire du 14 juillet 2025, le président Emmanuel Macron devrait faire de nouvelles annonces concernant l’armée. Le chantier est immense : le chef de l’État entend préciser le cap à suivre dans les prochains mois.
Emmanuel Macron va faire des annonces à l’occasion du 14 Juillet
Emmanuel Macron prendra la parole le dimanche 13 juillet 2025. Ce rendez-vous, devenu rituel, s’annonce cette fois comme une rupture. Le contexte n’a jamais été aussi chargé depuis le début de son second mandat : tensions géopolitiques, relance du débat sur la jeunesse et la nation, mais surtout, nouvelle inflexion budgétaire. Le président prépare un discours structurant sur la défense nationale. À l’ombre des drapeaux, une ambition en filigrane : redessiner le rôle de l’armée française à l’heure des secousses planétaires.
Le mot est lâché : « bascule ». Ce terme, employé par l’Élysée, donne le ton. L’exécutif parle désormais d’une « accélération des menaces », allant de « la désinhibition du recours à la force partout dans le monde » à « l’érosion des partenariats anciens » et à la remise en cause de « l’ordre international ». Autrement dit, le président compte frapper fort. Et vite.
Dans un contexte où la Loi de programmation militaire (LPM) prévoit déjà 413 milliards d’euros pour la période 2024-2030, l’annonce d’un effort supplémentaire semble inéluctable. « Le président estime que nous sommes à un moment de bascule, parce que la liberté n’a sans doute jamais été aussi menacée qu’aujourd’hui depuis 1945 », confie une source de l’Élysée, reprise par plusieurs médias. Le spectre de la Russie, omniprésent dans les récentes allocutions présidentielles, sert de catalyseur. Emmanuel Macron n’a pas hésité à qualifier Moscou de « menace immédiate pour l’Europe » lors de son adresse aux Français le 5 mars dernier. Une déclaration pesée, qui annonce le virage défensif du second quinquennat.
Un « service militaire » nouvelle génération : la jeunesse au cœur du réarmement moral
L’autre grande ligne du discours à venir concerne la jeunesse. Emmanuel Macron évoquera la création d’un « service militaire sur la base du volontariat », proposition qu’il a confiée à Sébastien Lecornu, ministre des Armées, et au général Thierry Burkhard. L’objectif ? Réinscrire la jeunesse dans une dynamique de service à la nation, sans passer par une conscription généralisée. Ce projet, encore flou dans ses modalités, s’inscrit dans une logique de continuité stratégique : après le Service national universel (SNU), il s’agirait ici d’ancrer la défense dans le quotidien civique des jeunes Français. Une manière de conjuguer citoyenneté et résilience nationale dans une période que l’Élysée considère comme une « pré-guerre froide 2.0 ».
La conférence de presse du général Burkhard, le vendredi 11 juillet 2025, confirme l’importance de cette bascule. Il s’agit de la première conférence de presse depuis 2021, preuve d’une volonté claire de préparer les esprits avant l’allocution pré-14 juillet. En creux de cette rhétorique martiale se dessine une autre réalité : celle des chiffres. L’armée française bénéficie déjà d’un budget annuel de 69 milliards d’euros. Mais ce montant, jugé insuffisant, pourrait grimper à 100 milliards d’euros, selon les projections de Sébastien Lecornu.
Le chef de l’État pourrait annoncer une trajectoire budgétaire revigorée à partir de 2026. Cet effort s’inscrit dans une ambition affirmée : consacrer jusqu’à 3,5 % du PIB à la défense nationale, alors que la France n’y consacre actuellement que 2 %. Dans un contexte de déficit public préoccupant, cette volonté de réarmement n’est pas sans risques politiques.








