Dans un climat de tensions militaires, l’armée israélienne a annoncé le mercredi 26 novembre le lancement d’une « vaste opération » contre des groupes armés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, une région désignée par Israël sous le nom biblique de « Samarie », rapporte Ouest France. Ce déploiement, survenu dans la nuit de mardi à mercredi, marque une intensification des violences persistantes dans la zone, malgré un cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza depuis le 10 octobre.
Une opération militaire de grande ampleur
Dans son communiqué, l’armée précise que cette opération n’est pas l’« opération antiterroriste » lancée en janvier 2025; il s’agit d’une nouvelle intervention. Le déploiement a commencé par des frappes aériennes puis par l’envoi massif de soldats sur le terrain. Les villes de Tubas, Tammoun et Tayassir, ainsi que le camp de réfugiés d’Al-Faraa, ont été les principaux lieux visés.
Selon le gouverneur palestinien de Tubas, Ahmad Al-Assaad (contacté par téléphone), l’opération a impliqué l’utilisation d’un « aéronef de combat » et de mitrailleuses lourdes, lesquelles auraient été dirigées contre des immeubles résidentiels. Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué qu’au moins dix personnes avaient été blessées à la suite de bastonnades, malgré l’absence de victimes liées aux tirs.
https://x.com/Tsahal_IDF/status/1993549064315548111
La situation sur le terrain et qui est impliqué
Depuis le 7 octobre, la violence en Cisjordanie a nettement augmenté, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Plus d’un millier de Palestiniens et au moins 43 Israéliens ont été tués dans ce contexte tendu. Parmi ces victimes, une attaque au couteau le 10 novembre près de Bethléem avait fait un mort israélien et trois blessés. Les deux Palestiniens auteurs de cette attaque ont été rapidement abattus par des soldats israéliens.
L’intensification des affrontements avec les colons israéliens — qualifiée par l’OCHA de pic historique — ajoute une dimension tragique à la crise. L’ONU a recensé en octobre un nombre élevé d’attaques de colons entraînant des victimes et des dégâts matériels.
Réactions et conséquences politiques
L’intervention a été immédiatement dénoncée par les mouvements politiques palestiniens Hamas et Jihad islamique palestinien, qui y voient une offensive militaire israélienne en Cisjordanie. Cette perception est alimentée par certains ministres israéliens d’extrême droite revendiquant publiquement un tel projet d’annexion. Le silence de l’armée israélienne, qui n’a pas répondu aux allégations concernant les blessés par bastonnade, renforce les tensions entre les parties.
Le gouverneur Ahmad Al-Assaad décrit cet épisode comme une montée de la violence, aggravée par l’évacuation forcée de « plus de deux douzaines de familles » de leurs foyers, chiffre confirmé par un rapport de l’OCHA.
Le conflit persistant en Cisjordanie, exacerbé par l’opération militaire récente, met en lumière des enjeux majeurs pour la région. Tandis que l’occupation israélienne de la Cisjordanie perdure depuis 1967, chaque nouvelle opération ou attaque contribue à détériorer une situation déjà fragile.








