Un hélicoptère d’attaque AH-64 Apache de l’armée américaine a coulé une embarcation à une distance de 32 km, le 11 juillet dans la baie de Mobile, à Hawaï, en tirant un missile Spike NLOS du fabricant israélien Rafael. L’appareil appartient à la 16e brigade d’aviation de combat, rattachée à la 7e division d’infanterie.
Le tir s’inscrit dans un exercice de coulage de navire organisé pendant RIMPAC 2026, et l’information a été révélée par une photo publiée par le service DVIDS du département de la Défense américain.
RIMPAC 2026 se déroule du 24 juin au 31 juillet dans les îles hawaïennes. C’est la 30e édition de cette série lancée en 1971, présentée comme le plus grand exercice maritime international au monde. En 2026, elle réunit 31 nations, 36 navires de surface, cinq sous-marins, 15 forces terrestres nationales, plus de 200 aéronefs et environ 25 000 militaires.
Un missile déjà testé en 2021 sur la même plateforme
Le couple Apache/Spike NLOS n’en est pas à son coup d’essai. Cette capacité de frappe multi-domaine, capable de viser aussi bien des cibles terrestres que maritimes, avait déjà été démontrée en 2021 avec la même plateforme. Son intégration a ensuite été proposée en 2023 pour équiper les Apache.
Historiquement, l’Apache est associé au rôle d’hélicoptère anticharre. Le Spike NLOS élargit ce rôle vers la frappe de précision à longue distance. Le missile, le plus long de la famille Spike avec ses 32 km de portée dans ses dernières versions, pèse 70 kg et vole à 220 mètres par seconde, pour près de deux minutes à distance maximale.
Son guidage combine GPS et inertie en vol intermédiaire, puis un système électro-optique en phase finale, avec un canal de communication qui permet au tireur de garder le contrôle jusqu’à l’impact, et d’avorter l’attaque si nécessaire.
Cette architecture donne à l’Apache une capacité utile en environnements littoraux ou dans des détroits: l’hélicoptère peut frapper depuis une position hors de portée des défenses adverses, sans avoir de ligne de vue directe sur sa cible. Le missile est déjà en service dans les forces israéliennes sur diverses plateformes, dont l’Apache (combinaison rendue publique en 2017), ainsi que sur les Arpía IV colombiens, les AW159 Wildcat sud-coréens et les Apache et Black Hawk grecs.
Le croiseur USS Mobile Bay envoyé par le fond
Le 12 juillet, un autre navire a été coulé pendant RIMPAC 2026: le croiseur lance-missiles désarmé USS Mobile Bay, de la classe Ticonderoga, envoyé au fond de l’océan Pacifique lors d’une manœuvre planifiée de mise à la casse. Le bâtiment repose désormais par environ 4 500 mètres de fond, à plus de 92,6 km au large de la côte nord de Kauai. Un second navire cible, l’USS Peleliu, a subi le même sort le 17 juillet.
Le coup décisif contre l’USS Mobile Bay a été porté par une torpille lourde Mk 48 tirée par le sous-marin canadien de classe Victoria HMCS Corner Brook, marquant la première participation d’un sous-marin canadien à RIMPAC depuis 2014. Le Corner Brook, revenu en service opérationnel complet en 2025 après une longue période hors cycle, a ainsi testé sa chaîne complète d’engagement, de la détection jusqu’au lancement de l’arme contre un grand bâtiment de surface. Une image du naufrage, capturée depuis son périscope, montre le croiseur sombrer dans le Pacifique.
D’autres armes ont participé à cet engagement selon des rapports: roquettes HIMARS, missiles antinavires Type 12 et LRASM, missiles Spike et torpilles lourdes. Des Apache de l’US Army ont également tiré des Spike NLOS sur le croiseur. Ces exercices de coulage, appelés SINKEX, utilisent un navire désarmé comme cible grandeur nature: ils permettent aux équipages de s’entraîner sur une coque authentique et fournissent aux ingénieurs des données sur la résistance des navires modernes aux dégâts et à l’immersion.








