Fin janvier 2026, l’Ukraine a de nouveau été confrontée à une série d’incidents impliquant des drone à proximité immédiate de sites nucléaires stratégiques. Ces événements, documentés par les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique, interviennent alors que la guerre menée par la Russie continue de peser lourdement sur le système énergétique du pays, faisant planer un risque accru sur les centrales nucléaires ukrainiennes.
Les survols de drone inquiètent l’IAEA et menacent la sécurité nucléaire en Ukraine
La répétition des survols de drone au-dessus des centrales nucléaires ukrainiennes a conduit l’IAEA à renforcer son discours d’alerte. Selon les informations confirmées par l’agence, plus de cinquante drones ont été repérés en une seule semaine à proximité de plusieurs sites nucléaires, notamment à Tchernobyl et Rivné. Ces incursions aériennes, parfois brèves, sont jugées préoccupantes par les experts internationaux en raison de leur caractère imprévisible et de leur proximité avec des infrastructures sensibles.
À Tchernobyl, quarante-quatre drones ont été détectés dans la zone de surveillance du site sur une période de quelques jours. À Rivné, deux drones ont été observés alors que l’équipe de l’IAEA était contrainte de se réfugier dans un hôtel pour des raisons de sécurité, avant que six autres appareils ne soient recensés au cours de la même semaine. Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’IAEA, a déclaré que ces survols répétés constituaient « une menace directe pour la sûreté et la sécurité nucléaires », selon Ukrinform.
Au-delà du nombre, c’est la régularité de ces incidents qui alarme l’IAEA. Les drones évoluent dans des zones théoriquement protégées, ce qui complique l’évaluation de leurs intentions et augmente le risque d’incident involontaire ou de sabotage. Dans un pays où la guerre a déjà démontré sa capacité à perturber des installations critiques, chaque survol non autorisé est désormais analysé comme un facteur aggravant pour la sécurité nucléaire.
Des centrales nucléaires fragilisées par la guerre et les attaques sur le réseau énergétique
Les survols de drone s’inscrivent dans un contexte plus large de dégradation de la situation énergétique en Ukraine. Les attaques répétées contre le réseau électrique, menées à l’aide de drones et de missiles, ont provoqué des fluctuations de tension susceptibles d’affecter le fonctionnement normal des centrales nucléaires. Selon les données rapportées par Ukrinform, ces perturbations ont entraîné l’arrêt automatique de certains réacteurs et la réduction de puissance d’autres unités.
À Tchernobyl, une perte totale d’alimentation électrique externe a été enregistrée, forçant le site à fonctionner temporairement grâce à des générateurs diesel de secours. Rafael Mariano Grossi a souligné que « la dégradation du réseau électrique en Ukraine rappelle brutalement les risques permanents pour la sûreté et la sécurité nucléaires », selon le communiqué de presse de l’IAEA.
Ces incidents techniques, combinés aux survols de drone, renforcent les craintes d’un enchaînement incontrôlé d’événements. Une centrale nucléaire dépend en permanence d’une alimentation électrique stable pour assurer le refroidissement des installations. Toute interruption prolongée, même sans attaque directe, peut transformer un incident militaire en crise nucléaire majeure, avec des conséquences bien au-delà des frontières ukrainiennes.
Le drone, un facteur de danger croissant pour l’énergie nucléaire et la sécurité européenne
L’utilisation massive de drone dans la guerre en Ukraine a profondément modifié la perception des risques liés aux centrales nucléaires. Initialement conçus pour la reconnaissance ou des frappes ciblées, ces appareils sont désormais omniprésents dans l’espace aérien, y compris à proximité de sites nucléaires.
Face à cette situation, l’IAEA multiplie les appels à la retenue et au respect des normes internationales de sécurité nucléaire. L’agence rappelle que toute activité militaire à proximité d’une centrale nucléaire, y compris le survol de drone, augmente mécaniquement le risque d’accident. Dans un contexte de guerre prolongée, la protection des installations nucléaires devient ainsi un enjeu central, non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour la sécurité énergétique et environnementale de l’ensemble du continent européen.








