Ukraine : comment Trump discute avec Poutine dans l’ombre

Les discussions secrètes entre Trump et Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine prennent forme autour d’un plan inédit de vingt-huit points, élaboré discrètement entre Washington et Moscou, selon les révélations d’Axios. Derrière ce projet, Trump cherche à transformer ses contacts avec Poutine en levier diplomatique majeur, tout en bousculant les lignes rouges ukrainiennes et les équilibres de sécurité en Europe.

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Alors que l'armée russe avance lentement mais avec constance sur plusieurs fronts en Ukraine, l’ancien président américain Donald Trump réplique de manière ferme à Vladimir Poutine. Analyse de cette dynamique complexe. Wikipedia
Alors que l'armée russe avance lentement mais avec constance sur plusieurs fronts en Ukraine, l’ancien président américain Donald Trump réplique de manière ferme à Vladimir Poutine. Analyse de cette dynamique complexe. Wikipedia | Armees.com

En ce 19 novembre 2025, alors que la guerre en Ukraine se prolonge et que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, Trump apparaît de nouveau au centre du jeu diplomatique. D’après les informations publiées par Axios, Trump pilote en effet des discussions structurées avec Poutine pour tenter d’aboutir à un accord. Ces pourparlers, qui restent pour l’instant officieux, s’articulent autour d’un plan de paix détaillé qui pourrait redessiner le conflit, mais aussi la place de l’Ukraine dans l’architecture de sécurité européenne.

Trump, Poutine et la genèse d’un plan secret pour l’Ukraine

Selon les informations d’Axios, l’administration Trump travaille en consultation avec des responsables russes à un plan de paix en vingt-huit points destiné à mettre fin à la guerre en Ukraine, ce qui confirme l’intensité des discussions entre Trump et Poutine. Ce plan est officiellement présenté comme inspiré par la méthode utilisée par Trump pour obtenir une trêve à Gaza, ce qui illustre la volonté de transposer un précédent diplomatique à un conflit d’une autre nature, selon Axios. Les vingt-huit points sont répartis en quatre volets : la paix en Ukraine, des garanties de sécurité, la sécurité en Europe et les relations futures entre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine, précise encore Axios à propos de la démarche de Trump. Toutefois, aucune version publique de ce texte n’a été diffusée, ce qui entretient le flou sur la manière dont Trump et Poutine envisagent le retrait ou non des forces russes et le statut des territoires occupés.

Toujours d’après Axios et Reuters, ce projet de plan s’inscrirait dans la continuité d’une rencontre entre Trump et Poutine organisée en août 2025 en Alaska, au cours de laquelle la guerre en Ukraine avait été au cœur de la discussion entre les deux dirigeants. Trump aurait profité de cette rencontre avec Poutine pour poser les fondations de cette feuille de route, avant d’en confier l’ingénierie détaillée à ses émissaires. Ainsi, les discussions menées depuis lors par les équipes de Trump et de Poutine visent à transformer cet échange initial en architecture diplomatique complète, avec l’objectif affiché d’« arrêter la guerre » mais sans que les modalités concrètes pour l’Ukraine soient clarifiées.

Comment Trump organise les discussions avec Poutine autour de la guerre

Pour mettre en musique ce projet, Trump s’appuie sur un émissaire clé, Steve Witkoff, chargé de conduire les discussions au nom de Washington, tandis que le camp russe délègue Kirill Dmitriev, selon le Kyiv Independent. Witkoff, homme de confiance de Trump, a ainsi multiplié les échanges avec Dmitriev autour de ce plan de vingt-huit points, ce qui montre à quel point les discussions entre les réseaux de Trump et de Poutine sont déjà avancées. Dans ce cadre, Dmitriev se montre particulièrement optimiste et affirme que Moscou se sent enfin réellement écouté par l’équipe de Trump, toujours selon une source d’Axios.

Le contenu du plan Trump–Poutine suscite des interrogations profondes pour l’Ukraine, qui se trouve au cœur du conflit armé mais pas nécessairement à la manœuvre dans ces discussions. Le Kyiv Independent rappelle que, lors de précédents cycles de négociations, la Russie avait formulé des exigences maximalistes à l’égard de Kiev : renoncer à toute adhésion à l’OTAN, accepter une forme de démilitarisation et céder des territoires qu’elle contrôle encore. Or, malgré la volonté affichée de Trump de mettre fin à la guerre, aucun élément public ne permet de savoir si ces exigences russes restent d’actualité dans le plan de vingt-huit points élaboré avec Poutine. Dès lors, la crainte à Kiev est que Trump privilégie un cessez-le-feu rapide, susceptible de figer des lignes de front favorables à Moscou, plutôt qu’un règlement assurant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

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