Ukraine : ce qui se trame vraiment derrière la perte de contrôle de Zaporijia

La centrale de Zaporijia est au bord du chaos : réacteurs arrêtés, explosions entendues et tensions croissantes.

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Ukraine : ce qui se trame vraiment derrière la perte de contrôle de Zaporijia
Ukraine : ce qui se trame vraiment derrière la perte de contrôle de Zaporijia © Armees.com

La centrale nucléaire de Zaporijia, près d’Energodar sur les bords du Dniepr en Ukraine, fait de plus en plus parler d’elle à l’étranger. Depuis qu’elle est sous contrôle russe en 2022, la plus puissante centrale d’Ukraine doit faire face à de sérieux défis qui menacent sa sécurité et sa continuité de fonctionnement. Cette situation a des répercussions non seulement sur l’approvisionnement énergétique, mais aussi sur la sécurité régionale.

Un fonctionnement en mode survie

Pour l’instant, les six réacteurs de la centrale sont arrêtés pour éviter tout risque de catastrophe nucléaire. Suite à la coupure d’alimentation électrique le 23 septembre, l’installation se repose sur des générateurs diesel de secours. Cette solution augmente les dangers puisque l’alimentation continue est indispensable pour garder les systèmes de refroidissement en marche et éviter une fusion du cœur des réacteurs. Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), rappelle que la situation n’est pas viable sur le long terme pour la sécurité nucléaire.

Un reportage TF1 nous informe que les 5 000 personnes qui travaillent sur le site, dont 2 000 Ukrainiens, évoluent dans un environnement incertain. Les experts de l’AIEA présents sur place ont rapporté avoir entendu plusieurs séries d’explosions près de l’installation, ce qui vient compliquer encore davantage la sécurité sur le site. De plus, des tirs d’obus ont été signalés tout près, certains ayant même atteint le site à seulement 1,25 km du périmètre.

Objectifs russes et enjeux géopolitiques

L’Ukraine reproche à Moscou de vouloir s’emparer de la centrale pour l’intégrer dans le réseau électrique russe. Pour étayer cette accusation, Andriï Sybiga indique que la Russie a déjà posé 200 kilomètres de lignes électriques dans ce but. Le plan serait d’alimenter en électricité la Crimée. Pendant ce temps, Kiev mise sur un renforcement de sa production de drones et de missiles, évaluée à 35 milliards d’euros d’ici 2026.

Lors d’un sommet au Danemark, Volodymyr Zelensky a évoqué les différentes sources de financement pour ces projets, insistant sur l’importance des accords bilatéraux et sur l’utilisation des avoirs russes gelés, tout en soulignant la nécessité de garanties de sécurité.

Tensions régionales et opérations militaires

En parallèle aux problèmes autour de Zaporijia, des frappes de drones ukrainiens ont été abattues au-dessus d’une installation industrielle à Tioumen, en Russie. Même s’il n’y a pas eu de feu ni de victime, ces incidents montrent bien que l’escalade militaire se poursuit dans la région. La cible visée aurait été une raffinerie de pétrole dans le sud-est de Tioumen.

Ces faits surviennent alors que les autorités ukrainiennes luttent contre une panne d’électricité externe depuis deux semaines. Le président Zelensky a précisé que « la centrale est aujourd’hui alimentée en électricité par des générateurs diesel », illustrant ainsi la situation précaire actuelle.

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