L’annonce du retrait de jusqu’à 1.000 soldats américains du nord de la Syrie a fait beaucoup de bruit autour du globe. Déclarée par Mark Esper, chef du Pentagone, sur CBS un dimanche, cette décision met en lumière des tensions géopolitiques en hausse dans la région et les défis que rencontrent les forces américaines. Le président Donald Trump a soutenu ce choix en précisant qu’il voulait arrêter de s’enliser dans des « guerres sans fin ». Cela n’a pas manqué de provoquer une vive polémique aux niveaux national et international.
Pourquoi ce retrait ?
Sur le terrain en Syrie, la situation est devenue vraiment compliquée et dangereuse pour les troupes américaines. Mark Esper a qualifié la situation d' »intenable » et expliqué que les soldats risquaient de se retrouver « prises en étau » entre les forces kurdes et turques qui avancent. Cette menace est devenue concrète quand des troupes américaines ont subi des tirs venant de positions turques près de Kobané, dans le nord de la Syrie. Ce retrait est donc une mesure de protection des soldats contre un affrontement direct entre ces deux factions.
Même si ces arguments ont été avancés, Mark Esper a tenu à rappeler que les États-Unis restent aux côtés de leurs alliés kurdes. Pourtant, certains reprochent au gouvernement américain d’abandonner ses partenaires kurdes en Syrie orientale. Par ailleurs, le fait que Donald Trump insiste pour réduire la présence militaire à l’étranger reflète sa volonté de diminuer l’intervention à l’étranger.
Réactions politiques et économiques
Les suites politiques et économiques de cette décision ne se sont pas fait attendre. Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor américain, a affirmé que Trump l’avait autorisé à « paralyser l’économie turque » si besoin. Il a précisé que sur ordre présidentiel, les États-Unis pouvaient stopper toutes les transactions en dollars avec le gouvernement turc. Sur Twitter, Donald Trump a réitéré ce message, indiquant que le Trésor était prêt à riposter contre Ankara si celle-ci « dépassait les bornes ».
Cette posture ferme envers la Turquie arrive alors que près de 800 proches de djihadistes affiliés au groupe État islamique ont fui un camp de déplacés, provoqués par le chaos engendré par l’offensive turque. Les répercussions sur le plan humanitaire et sécuritaire de ce retrait se font déjà sentir.
Les enjeux plus larges
Au-delà de ce qui se passe en Syrie, cette décision renvoie aussi à des inquiétudes plus vastes sur la sécurité au Moyen-Orient, notamment avec la tension qui monte avec l’Iran. On compte dans la région plus de 60 000 soldats américains, et certains craignent que l’Iran ne vienne viser ces troupes en guise de représailles pour une éventuelle attaque contre ses installations nucléaires.
Pour Israël, qui doit garder un corridor aérien vers l’Iran, la menace iranienne est vraiment préoccupante. L’idée d’une attaque imminente, que ce soit par Israël seul ou en coopération avec les États-Unis, inquiète les responsables.
En définitive, même si Donald Trump espère éviter une guerre majeure au Moyen-Orient pendant sa présidence, plusieurs de ses conseillers les plus influents encouragent à démanteler le programme nucléaire iranien. Le retrait des forces américaines de Syrie pourrait bien être le prélude à une action de ce genre.








