C’est par un message vocal adressé à des journalistes que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé, vendredi 25 septembre 2026, ce qu’il présente comme un tournant dans l’aide occidentale à son pays, indiquant que le président Trump lui avait confirmé avoir pris une décision finale : l’Ukraine recevra des licences pour la production de missiles Patriot.
L’annonce fait suite à une rencontre entre les deux dirigeants à New York, la semaine précédente, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Le sujet abordé : la possibilité pour Kiev de produire elle-même, sur son sol, ces intercepteurs jugés seuls capables d’abattre de façon fiable les missiles balistiques russes.
Le dossier avait connu plusieurs allers-retours côté américain. En juillet 2026, Donald Trump avait jugé qu’il serait « plutôt cool » d’accorder ces licences, avant de se raviser, estimant que les États-Unis devaient rester très prudents avant d’ouvrir cette porte.
Selon Zelensky, qui s’était exprimé plus tôt dans la semaine sur ce point, les missiles made in Ukraine pourraient être opérationnels d’ici un an à un an et demi, à condition que Donald Trump ne revienne pas sur sa décision d’ici là.
Le projet, s’il se concrétise, marquerait une avancée pour Kiev, qui peine à se procurer suffisamment d’intercepteurs PAC-3, très onéreux et de plus en plus rares depuis la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Il s’agit cependant d’un chantier de long terme, sans effet sur la situation immédiate sur le terrain.
L’urgence, elle, se mesure en chiffres. En juillet 2026, Zelensky avait évalué à au moins 300 le nombre de missiles Patriot nécessaires à l’Ukraine pour passer l’hiver, saison où la Russie cible systématiquement le réseau énergétique du pays. En août, il avait précisé que l’Ukraine aurait besoin de 5 % du stock américain d’intercepteurs pour tenir l’hiver, et de 10 % pour neutraliser l’ensemble des projectiles balistiques russes.
Un adolescent de 14 ans tué par un drone à Kiev
L’annonce sur les Patriot coïncide avec une nouvelle attaque meurtrière dans la capitale. Vendredi matin, alors que les habitants partaient au travail, un drone a percuté un immeuble résidentiel d’un quartier central de Kiev, tuant un garçon de 14 ans, selon la mairie.
Des journalistes de l’AFP sur place ont vu les appartements des neuvième et dixième étages noircis par l’incendie. Mykyta Sysoyev, informaticien de 23 ans habitant l’immeuble, a raconté avoir été réveillé par l’explosion sans comprendre immédiatement que son propre bâtiment avait été touché : « Je suis resté un peu bouche bée. C’est étrange : d’un côté, je m’y suis habitué, mais de l’autre, des gens meurent constamment. »
La veille, jeudi, des frappes de drones et de missiles avaient déjà fait deux morts dans la capitale. Moscou vise désormais Kiev avec des drones à réaction récemment mis au point, que la défense aérienne ukrainienne peine à intercepter aussi efficacement que les modèles précédents, et frappe de plus en plus souvent en plein jour.
L’Ukraine a intensifié depuis plusieurs mois ses propres frappes en profondeur sur le territoire russe, ciblant infrastructures énergétiques et grandes entreprises. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée ukrainienne a touché deux raffineries russes, une usine militaire et des radars de l’armée dans plusieurs régions, a indiqué Zelensky.
Devant l’Assemblée générale des Nations unies, il avait défendu cette stratégie comme une question de survie. Il a par ailleurs visé directement Vladimir Poutine, qu’il a qualifié de patient zéro, celui à partir duquel cette idée de guerre ne cesse de se propager, s’interrogeant sur le fait qu’il puisse encore y avoir quelqu’un pour penser qu’il est raisonnable et modéré.
Dans la région d’Odessa, une frappe sur un terminal postal a fait un mort le même jour, selon les autorités locales.








