Ukraine : la pénurie de missiles Patriot devient critique avant l’hiver

L’Ukraine réclame davantage de missiles Patriot pour protéger ses villes et ses infrastructures énergétiques contre les frappes russes durant l’hiver.

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L’Ukraine réclame davantage de missiles Patriot pour protéger ses villes et ses infrastructures énergétiques contre les frappes russes durant l’hiver. ChatGPT
L’Ukraine réclame davantage de missiles Patriot pour protéger ses villes et ses infrastructures énergétiques contre les frappes russes durant l’hiver. ChatGPT | Armees.com

Plusieurs partenaires de Kiev viennent d’annoncer de nouvelles contributions à la Défense aérienne ukrainienne. Ces engagements ne garantissent pourtant pas une arrivée suffisamment rapide des missiles Patriot. Face à la hausse des attaques balistiques russes et au risque d’une nouvelle offensive contre le réseau énergétique, Volodymyr Zelensky demande un effort immédiat.

Des engagements occidentaux encore loin des besoins ukrainiens

L’Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada ont récemment renforcé leur soutien à l’Ukraine. Berlin doit prélever des intercepteurs Patriot PAC-2 dans les réserves de la Bundeswehr. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a présenté cette livraison comme urgente. Il n’a toutefois pas communiqué le nombre de missiles concernés. Londres mobilisera, de son côté, 100 millions de livres pour fournir des équipements de Défense aérienne. Cette enveloppe doit notamment financer des missiles Patriot par l’intermédiaire du mécanisme PURL de l’OTAN.

Le gouvernement britannique prévoit leur acheminement avant le début de l’hiver. Ottawa a également conclu un accord de 350 millions de dollars canadiens destiné à l’acquisition d’intercepteurs. Le Canada n’a pas encore dévoilé la composition exacte du lot ni la date de son transfert. Cette contribution passera par un dispositif américain autorisant les alliés à acheter du matériel aux États-Unis pour le remettre à Kiev. Elle s’accompagne de nouvelles garanties financières pour soutenir le secteur énergétique de l’Ukraine. (Reuters)

Ces annonces traduisent une mobilisation réelle. Elles ne résolvent cependant pas le problème de disponibilité. L’Ukraine serait en train de contractualiser environ 1.000 missiles Patriot avec l’aide de ses partenaires. Or, selon son ministre de la Défense, Yevhenii Khmara, une grande partie de ces commandes ne pourra être honorée que dans plusieurs années. Kiev propose donc aux pays équipés de lui céder immédiatement certains de leurs missiles. Les stocks seraient ensuite reconstitués grâce aux futures productions.

L’OTAN affirme que ses membres ont consacré plus de 10 milliards de dollars en un an au programme PURL et aux ventes militaires américaines destinées à l’Ukraine. Son secrétaire général, Mark Rutte, appelle néanmoins les alliés à accélérer leurs décisions, car tout retard dans les livraisons expose directement la population ukrainienne. Une fabrication européenne ou ukrainienne sous licence américaine offrirait une réponse durable. Mais elle ne serait pas opérationnelle à temps. Après l’annonce faite par Donald Trump en juillet, des experts interrogés par Reuters estimaient qu’il faudrait au moins une année pour lancer cette production.

La protection du réseau énergétique redevient prioritaire

L’urgence ne concerne pas uniquement les opérations militaires. Elle touche aussi la vie quotidienne des habitants. Durant l’hiver 2025-2026, l’armée russe a mené des attaques coordonnées contre les centrales, les lignes électriques et les réseaux de chauffage de l’Ukraine. La Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies décrit une campagne systématique ayant utilisé, lors de certaines opérations, plusieurs centaines de drones et de missiles.

Les dégâts ont provoqué des délestages dans l’ensemble du pays. À certains moments, des millions de personnes n’ont disposé que de quelques heures d’électricité par jour. Des centaines de milliers d’Ukrainiens sont aussi restés sans chauffage ni eau chaude pendant plusieurs semaines. Le thermomètre est descendu sous les –20 °C dans plusieurs zones. Les coupures ont perturbé les écoles, les structures médicales et l’alimentation en eau des immeubles. Les personnes âgées et les habitants les plus fragiles ont été particulièrement exposés. Kiev craint désormais que Moscou tente de reproduire cette stratégie pendant la prochaine saison froide.

L’intensification des bombardements observée depuis le début de l’été renforce ces préoccupations. En juillet 2026, les Nations unies ont comptabilisé au moins 429 missiles russes lancés contre l’Ukraine. Ce total représente plus du double de celui relevé le mois précédent. Durant cette même période, l’ONU a vérifié la mort de 437 civils et recensé 2 610 blessés. Le niveau des pertes civiles n’avait plus été aussi élevé depuis mars 2022. Les missiles et les drones de longue portée ont causé une part importante de ces victimes, notamment dans les centres urbains éloignés du front. (ONU)

C’est dans ce contexte que Volodymyr Zelensky a détaillé ses attentes. Lors d’un entretien accordé à Deutsche Welle le 12 septembre 2026, le chef de l’État a estimé la production russe à 140 missiles balistiques par mois. Cette donnée provient des autorités ukrainiennes et ne bénéficie pas, à ce stade, d’une confirmation indépendante. Zelensky affirme qu’un ratio de deux intercepteurs par cible porterait le besoin théorique à 280 missiles. Conscient que ce niveau est hors d’atteinte, il demande entre 100 et 120 intercepteurs Patriot par mois pendant la période la plus froide. Pour l’Ukraine, la véritable mesure du soutien occidental sera donc moins le montant des promesses que le nombre de missiles effectivement placés dans les batteries avant les premières grandes offensives hivernales.

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