En autorisant les États-Unis à utiliser une base britannique pour des frappes défensives contre l’Iran, Keir Starmer engage le Royaume-Uni dans une séquence stratégique à hauts risques.
Une base britannique au cœur du dispositif USA face à l’Iran
Le 1er mars 2026, le Premier ministre britannique Keir Starmer annonce devant les députés que le Royaume-Uni accepte une demande des États-Unis : permettre l’usage de bases britanniques pour des frappes ciblées contre des sites de missiles en Iran. Il s’agit d’un appui logistique et opérationnel, limité, mais décisif. Dans sa déclaration officielle publiée par GOV.UK le 1er mars 2026, Keir Starmer précise que les États-Unis ont demandé l’autorisation d’utiliser des bases britanniques pour un objectif « spécifique et limité » de nature défensive.
Le chef du gouvernement insiste sur la nature défensive de l’autorisation. « Nous avons pris la décision d’accepter cette demande afin d’empêcher l’Iran de tirer des missiles dans toute la région, de tuer des civils innocents, de mettre en danger des vies britanniques et de frapper des pays qui ne sont pas impliqués », déclare-t-il.
Selon Reuters, le gouvernement britannique encadre strictement cette autorisation : il s’agit de frappes « spécifiques, limitées et défensives » contre des dépôts ou des lanceurs de missiles iraniens. Londres précise également ne pas avoir participé aux frappes initiales menées par Washington et Israël contre l’Iran, et ne pas rejoindre d’« action offensive ».
Répondre à la riposte de l’Iran
La décision intervient dans un contexte de forte montée des tensions. Keir Starmer explique que l’Iran a mené des attaques soutenues en riposte et que des missiles ont touché des aéroports et des hôtels où se trouvaient des ressortissants britanniques. D’après Sky News, le 2 mars 2026, le Premier ministre évoque « au moins 200 000 Britanniques dans la région », qu’il s’agisse de résidents, de touristes ou de personnes en transit. Les autorités britanniques préparent d’ailleurs des plans d’évacuation alternatifs si l’espace aérien du Golfe devait rester fermé, selon ITV News.
The Guardian souligne, le 2 mars 2026, la base de la RAF Akrotiri, à Chypre, est signalée comme ayant été touchée par un drone quelques heures après la déclaration de Keir Starmer. Les dégâts sont qualifiés de « mineurs » et aucune victime n’est signalée, précise le journal. Un porte-parole du ministère britannique de la Défense déclare alors : « Our force protection in the region is at the highest level and the base has responded to defend our people. »
Le calcul stratégique de Starmer face à Trump
Sur le plan politique, la décision a déclenché une controverse immédiate au Royaume-Uni. Selon The Guardian, certains opposants estiment que l’autorisation pourrait exposer Londres à des accusations de violation du droit international ou à un engrenage militaire incontrôlé. Mais Keir Starmer rejette l’idée d’un revirement. Il nie toute volte-face et affirme que la nature de la demande américaine a évolué, justifiant ainsi la décision. Il insiste sur le fondement juridique de l’autorisation et affirme que la base juridique repose sur la légitime défense collective d’alliés de longue date et sur la protection des vies britanniques.
L’argument central tient en deux piliers. D’une part, la solidarité stratégique avec Washington, dans un contexte où le président américain Donald Trump mène une politique de fermeté vis-à-vis de l’Iran. D’autre part, la protection directe des ressortissants britanniques dans la région.
Toutefois, l’équilibre est fragile. En autorisant l’usage d’une base britannique pour des frappes américaines, Londres devient mécaniquement partie prenante du dispositif militaire. Même si le gouvernement souligne qu’il ne participe pas aux frappes offensives, la distinction peut apparaître ténue aux yeux de Téhéran. Le risque d’escalade est clair : trois militaires américains ont été tués et cinq grièvement blessés dans le cadre de la riposte iranienne aux frappes israéliennes et américaines, d’après le commandement central américain.








