Fleurons de la Marine nationale, les futurs sous-marins de classe Barracuda vont bénéficier de certaines nouveautés. Celles-ci concerneront les unités actuellement en cours de construction. Les anciens ne pourront à priori pas en profiter.
Les futurs sous-marins Barracuda améliorés
Depuis quelques jours, le SNA De Grasse, quatrième sous-marin de classe Suffren du programme Barracuda, a quitté le chantier de Naval Group à Cherbourg pour rejoindre le dispositif de mise à l’eau de la Direction générale de l’armement (DGA). Cet événement technique, en apparence routinier, marque pourtant le début d’un cycle de transformation plus profond pour le programme Barracuda, dont la finalisation est prévue à l’horizon 2030.
Alors que les trois premiers SNA (Suffren, Duguay-Trouin, Tourville) sont déjà livrés, deux étant en service actif depuis juin 2022 et avril 2024, les trois suivants (De Grasse, Rubis, Casabianca) n’auront pas exactement le même ADN technologique. En clair, plusieurs nouveautés seront intégrées par le constructeur.
Les derniers Barracuda bénéficieront en effet de systèmes de combat révisés, de sonars repensés et de capacités techniques enrichies. Ces ajouts sont le fruit de dix années de retours d’expérience cumulés, mais ils ne provoqueront pas de rupture majeure. Le format général du submersible reste stable, évitant de compromettre la formation des équipages. La Marine nationale ne veut pas d’un sous-marin à géométrie variable. La devise : progresser sans désorienter.
Des délais raccourcis, un chantier rationalisé
Au départ, le Suffren avait nécessité treize années entre sa commande et sa livraison — un délai jugé exorbitant à l’époque. Mais cette durée n’est plus d’actualité. Le Casabianca, dernier de la série, sera construit en seulement sept ans. Pourquoi un tel gain ? Grâce à une industrialisation organisée par tranches de trois : un premier lot (Suffren, Duguay-Trouin, Tourville), puis un second (De Grasse, Rubis, Casabianca), avec en toile de fond un transfert d’expérience fluide et une synergie accrue entre la DGA, la Marine nationale et Naval Group. De fait, les délais ont été fortement réduits.
Le programme Barracuda ne s’achèvera pas avec le Casabianca. Une nouvelle dynamique se dessine. Naval Group est déjà engagé sur deux fronts : le contrat néerlandais pour quatre sous-marins BlackSword Barracuda, d’une valeur de 5 milliards d’euros, et le démarrage du programme SNLE 3G (Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération), dont la phase industrielle est prévue dès la fin de l’année 2025.








