Alors que le projet Scaf semblait relancé, la France vient d’exiger 80 % de la charge de travail industrielle. Une décision qui provoque un séisme diplomatique et pourrait faire dérailler tout le programme.
Programme Scaf : un projet stratégique européen à nouveau sous tension
Le 7 juillet 2025, une information révélée par le média spécialisé allemand Hartpunkt, puis reprise par plusieurs publications françaises, a ravivé les tensions autour du programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur). Ce programme industriel, lancé en 2017, réunit la France, l’Allemagne et l’Espagne autour de l’ambition commune de concevoir un avion de combat de nouvelle génération, destiné à remplacer les Rafale et Eurofighter d’ici 2040.
D’après ces sources, la France a officiellement notifié à Berlin sa volonté de contrôler 80 % de la charge de travail dans le cadre de ce programme. L’annonce a été faite dans un contexte déjà tendu, marqué par des retards, des divergences doctrinales, et des rivalités industrielles persistantes entre Dassault Aviation, Airbus et Indra. Au centre du conflit : la maîtrise du développement du NGF (Next Generation Fighter), pièce maîtresse du Scaf.
Pourquoi la France réclame 80 % du Scaf ?
Officiellement, aucun commentaire n’a été apporté par le ministère des Armées français, ni par Airbus. Mais selon une source industrielle citée par Hartpunkt, la France considère que son savoir-faire aéronautique, en particulier celui de Dassault, justifie cette demande exceptionnelle. Objectif officieux : éviter de diluer l’expertise française dans un partenariat dont les équilibres penchent historiquement vers l’Allemagne sur d’autres volets industriels européens.
Toutefois, la revendication de 80 % ne concerne pas l’ensemble du programme, mais porte essentiellement sur le développement du NGF, c’est-à-dire l’avion de combat proprement dit. Cette exigence bouleverse la logique de “répartition par piliers” qui prévalait jusqu’ici :
- Le NGF (piloté jusqu’ici par Dassault, en tension avec Airbus)
- Le moteur
- Les drones de combat accompagnateurs
- Le système cloud de combat
- Les capteurs
- L’armement
- Les systèmes de communication
En demandant 80 % de l’un de ces piliers, la France déséquilibre l’architecture initialement conçue comme tripartite et coopérative.
Colère en Allemagne : Berlin dénonce une “rupture inacceptable”
La réaction allemande ne s’est pas fait attendre. Le député Christoph Schmid, élu du SPD au Bundestag, a déclaré, selon Valeurs actuelles : « Berlin ne pourrait continuer à financer un projet français avec de l’argent allemand. » Et de poursuivre : « Si Paris insiste, cela pourrait être le dernier clou dans le cercueil du Scaf. » Le ministère allemand de la Défense a rappelé que l’accord intergouvernemental reste en vigueur, soulignant que toute modification de la gouvernance industrielle devrait faire l’objet d’un consensus.
Dans les faits, cette déclaration française est perçue à Berlin comme un acte unilatéral, à rebours de la logique de coopération européenne défendue depuis le lancement du projet. L’industrie allemande, notamment Airbus Defence & Space, Hensoldt (spécialisé dans les capteurs), et MTU (motoriste), pourrait perdre des segments entiers du programme.
Un programme à 100 milliards d’euros en péril ?
Le SCAF représente un budget estimé à plus de 100 milliards d’euros, réparti sur plusieurs décennies. Si le programme franchissait le cap de ses querelles internes, la phase suivante du développement devait débuter fin 2025, avec un calendrier très serré pour aboutir à un prototype opérationnel en 2040. Mais les tensions actuelles remettent cette échéance en question. D’après Investing.com, une telle exigence française pourrait retarder, voire geler complètement la prochaine phase, alors que les crédits budgétaires doivent être validés par les Parlements nationaux dans les mois à venir.
Le risque de fragmentation européenne est réel. Et certains observateurs évoquent une piste de repli : le GCAP (Global Combat Air Programme), concurrent direct du Scaf, mené par le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie, qui pourrait apparaître comme une alternative de coopération plus cohérente aux yeux de certaines capitales.









Il ne reste plus que le SCAF et le MGCS de tous les utopiques programmes de coopération franco-allemande initiés par le feu follet de l’Elysée.
Le projet Sky Shield de défense solaire porté par l’Allemagne a exclu, sans concertation, Italie et France au profit de solution américaines et israélo américaines.
Plusieurs éléments ne militent pas pour cette coopération :
– la composante nucléaire aéroportée nécessaire à la France,
– le besoin aéronaval français, sauf si l’on inclus un porte avion espagnol,
– l’achat de F35 par l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique,
La demande de Dassault semble irréaliste, soit.
Est-ce une annonce de négociateur ou une réelle volonté ?
Si c’est une réelle volonté pourquoi pas, mais alors :
– quel est le budget proposé par le consortium Dassault au regard des 100 Md€ évoqués pour le projet coopératif,
– combien le consortium Dassault est-il prêt à investir et selon quel échéancier sur la base de son évaluation,
– quand le consortium Dassault sera-t-il en mesure de faire voler un premier prototype,
– quid du projet de e_Neurone d’accompagnement, serait compris dans le budget et le planning du consortium Dassault.
Une réponse consistante du consortium Dassault est nécessaire pour savoir où nous mettons les pieds.
Accessoirement nous devons nous poser les mêmes questions sur le programme MGCS dont l’ubuesque dérive nous contraint à trouver une solution intermédiaire entre le Leclerc et le mobile MGCS.
Il est très urgent que les benêts niais qui nous ont placé dans cette fâcheuse situation, et c’est un doux euphémisme au regard des 1.400 Md€ de dette supplémentaire, redescendent sur terre, l’olympe n’est pas vraiment leur monde !
Il me semble nécessaire d’intégrer dans tous nos raisonnements que l’Allemagne ne souffre pas la concurrence de toute industrie française.
Il suffit, pour s’en convaincre, la guerre économique que l’Allemagne a mené contre la filière nucléaire française.