À la fin du mois de janvier 2026, les groupes allemands Rheinmetall et OHB ont confirmé être en discussions avancées autour d’un projet de satellites militaires destiné à la Bundeswehr. L’initiative concerne la mise en place d’un système de satellites de communication sécurisés, en orbite basse, appelé à renouveler en profondeur les capacités spatiales de l’armée allemande à partir de la fin de la décennie.
Des satellites militaires pour répondre aux besoins opérationnels de l’armée allemande
Le cœur du projet repose sur une constellation de satellites militaires dédiée aux communications des forces armées. Contrairement aux satellites géostationnaires actuellement utilisés par la Bundeswehr, cette nouvelle architecture privilégierait des satellites en orbite basse, offrant une latence réduite, une meilleure résilience et une couverture plus flexible des zones d’opérations. Selon Zone Bourse, Rheinmetall apporterait son expertise dans les systèmes de Défense et l’intégration opérationnelle, tandis qu’OHB serait en charge de la conception et de la production des plateformes satellitaires.
Ces satellites de communication militaire doivent permettre de relier en permanence les états-majors, les unités terrestres, les bâtiments navals et les forces déployées. Le satellite devient ainsi un maillon central du commandement et du contrôle, en particulier pour des opérations interarmées menées dans des environnements contestés. Le Financial Times souligne que Berlin souhaite renforcer son autonomie stratégique et limiter sa dépendance à des infrastructures satellitaires étrangères, une orientation clairement assumée par les autorités allemandes fin janvier 2026.
Les premières hypothèses évoquent une constellation pouvant atteindre jusqu’à 200 satellites militaires. Ce volume permettrait d’assurer une redondance suffisante face aux menaces de brouillage ou d’attaques antisatellites. D’après des informations relayées par la presse allemande, l’objectif serait une capacité opérationnelle initiale autour de 2029, sous réserve d’un lancement rapide du programme et d’un calendrier industriel maîtrisé.
Un programme de satellites à fort enjeu industriel et budgétaire
Sur le plan industriel, le projet de satellites militaires Rheinmetall-OHB s’inscrit dans une compétition ouverte. OHB a confirmé publiquement être en pourparlers avec Rheinmetall afin de répondre conjointement à de futurs appels d’offres publics, selon une déclaration citée par l’agence allemande dpa-AFX. À ce stade, aucun contrat n’a été attribué et les discussions restent préliminaires, mais la procédure pourrait être engagée dès le premier trimestre 2026.
L’enjeu financier est considérable. Selon des estimations, la valeur globale du programme de satellites militaires pourrait atteindre jusqu’à 10 milliards d’euros. Ce montant couvrirait la conception, le déploiement de la constellation, le segment sol et le maintien en condition opérationnelle sur plusieurs années. Par ailleurs, Berlin a annoncé vouloir consacrer environ 35 milliards d’euros aux technologies spatiales militaires, dont les satellites de communication constituent un pilier essentiel. En associant un acteur majeur de l’armement terrestre à un spécialiste du spatial, l’Allemagne cherche à renforcer sa base industrielle et technologique de Défense, tout en consolidant des compétences critiques dans le domaine des constellations militaires.
Souveraineté spatiale et rivalités autour des satellites de Défense
La dimension stratégique du programme dépasse largement le cadre national. Le développement de satellites militaires en orbite basse répond à une évolution profonde des usages du spatial dans les conflits récents. Les autorités allemandes observent la montée en puissance des constellations commerciales à usage dual, comme Starlink, et souhaitent disposer d’une capacité strictement militaire, contrôlée par l’État et adaptée aux contraintes opérationnelles.
La concurrence s’annonce néanmoins forte. Airbus Defence and Space, déjà maître d’œuvre du système SATCOMBw actuellement en service, pourrait proposer une solution alternative reposant sur son expérience des satellites de télécommunications militaires. Selon la presse, l’arbitrage à venir opposera une approche fondée sur des satellites géostationnaires modernisés et une rupture capacitaire incarnée par une constellation de satellites en orbite basse.
Dans ce contexte, Rheinmetall et OHB misent sur la résilience et la flexibilité d’un réseau distribué de satellites militaires. Une telle architecture permettrait à la Bundeswehr de conserver des capacités de communication même en cas de perte partielle de satellites.








