L’Agence de l’innovation de défense participe à un tout nouveau salon militaire : Techterre. Celui-ci doit permettre de présenter plusieurs innovations pour l’Armée de Terre, mais surtout de stimuler les entreprises en vue de l’avenir.
Un premier salon de l’innovation pour l’Armée de Terre
Le 9 juillet 2025 s’ouvrira la toute première édition de Techterre, un salon conçu comme un pont entre les mondes de l’innovation civile et les exigences opérationnelles de l’Armée de Terre. Derrière cet événement : une ambition clairement affichée par l’Agence de l’innovation de défense (AID). Mais que signifie réellement ce grand raout technologique en treillis ? Techterre veut « accélérer le cycle de l’innovation » en misant sur des collaborations étroites entre militaires, chercheurs, industriels et start-ups. L’armée cherche ici moins à faire sa vitrine qu’à dénicher, tester et absorber tout ce qui pourrait changer la donne sur les théâtres d’opérations de demain.
Organisé au camp militaire de Sissonne (Aisne), les 9 et 10 juillet 2025, Techterre se veut à la fois démonstration et laboratoire. Plus de 1 200 participants sont attendus : soldats en opération, scientifiques, entreprises de défense, acteurs institutionnels et start-ups.
Sur place : démonstrations dynamiques, expérimentations en conditions réelles et échanges sur les grands défis technologiques de l’Armée de Terre. L’objectif est clair : éviter que les forces françaises ne soient dépassées technologiquement, comme le redoute régulièrement l’état-major.
C’est aussi une manière pour l’armée d’intégrer plus rapidement les innovations issues du monde civil, car les conflits modernes n’attendent pas que les appels d’offres soient validés.
L’ombre des doctrines futures et la lumière des start-ups
Au cœur de l’événement, plusieurs axes stratégiques sont mis en avant : combat collaboratif, robotique terrestre, systèmes de surveillance autonomes, efficacité énergétique, cybersécurité. On y testera des drones furtifs, des plateformes modulaires, des réseaux tactiques intelligents, autant de concepts qui font rêver les ingénieurs… et transpirer les logisticiens.
Le choix de Sissonne n’est pas anodin : ce camp est l’un des rares à permettre des simulations de combat à grande échelle. L’armée pourra ainsi observer ses propres hommes interagir avec des prototypes en temps réel, dans un cadre tactique.
Et si le monde militaire aime l’ordre, Techterre veut provoquer le désordre créatif : les start-ups présentes ne viennent pas flatter les galons, mais proposer des idées parfois à contre-courant. Certaines, issues du monde civil, n’avaient jamais mis un pied dans une enceinte militaire avant ce salon.
L’Agence de l’innovation de défense (AID) pilote ce projet en espérant créer une dynamique vertueuse sur plusieurs années. Pourtant, malgré un discours enthousiasmant, les objectifs de Techterre restent flous dans leur concrétisation : combien de technologies testées seront réellement intégrées ? quel sera le calendrier de transformation ? Aucune réponse officielle n’a, pour l’heure, été formulée sur ces points.








