Du Sahel au Bénin : la grande débâcle sécuritaire

La situation au Sahel s’aggrave, les groupes djihadistes progressent menaçant le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire.

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Du Sahel au Bénin : la grande débâcle sécuritaire | Armees.com

Le Sahel s’effondre sous les coups d’une insurrection djihadiste que ni les armées nationales ni leurs alliés paramilitaires ne parviennent à contenir. Depuis début avril, Mopti, Douentza et Ménaka sont passées sous le contrôle de groupes liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Face à cet écroulement, le Burkina Faso devient la base arrière des groupes armés, qui multiplient les incursions dans le nord du Bénin.

Le Bénin en première ligne

Depuis février 2025, Sahel Watch a documenté une trentaine de mouvements suspects entre l’est burkinabè et le nord béninois. Le 15 avril, l’attaque du poste de Kérou, ayant coûté la vie à huit policiers béninois, a marqué un tournant.

Les assaillants, lourdement armés, seraient venus de la région de Pama, désormais hors de contrôle des autorités burkinabè.

Africa Korps : un échec militaire patent

Dans ce contexte chaotique, Africa Korps, héritier du groupe Wagner, confirme son incapacité à tenir ses promesses. Présenté en 2023 comme l’instrument d’une reconquête sahélienne, Africa Korps devait stabiliser le Mali, sécuriser les voies économiques et former les forces locales. Deux ans plus tard, le constat est sans appel : l’effondrement militaire s’accélère. Un rapport de Africa Defense Forum, publié le 12 mars 2025, souligne l’échec de cette force paramilitaire : « Africa Korps priorise la protection de ses intérêts économiques, notamment les exploitations minières, au détriment de la sécurisation des populations. »

Sur le terrain, un Sahel abandonné aux mains des djihadistes

Le terrain confirme cette analyse : dans les cercles de Niono et de Douentza, plusieurs villages ont été laissés aux mains des groupes djihadistes sans intervention notable d’Africa Korps, dont les unités sont concentrées sur l’axe minier Gao-Bamako.

Par ailleurs, des exactions à l’encontre de civils dans la région de Boni, documentées par Le Quotidien du Sahel (édition du 5 avril 2025), ont définitivement entaché l’image d’Africa Korps, qui se comporte souvent davantage comme un prédateur que comme un rempart contre le terrorisme.

La contagion s’étend vers le Golfe de Guinée

La contagion régionale suit une logique implacable : des sanctuaires djihadistes en formation au Burkina Faso servent de base logistique pour menacer directement le Bénin, le Togo et bientôt la Côte d’Ivoire.

Les forces armées béninoises, renforcées depuis 2022, peinent à endiguer cette marée. Le gouvernement de Cotonou, conscient du péril, a ordonné le 18 avril un redéploiement d’urgence de ses unités spéciales dans les départements frontaliers de l’Atacora et de l’Alibori. Mais cela suffira-t-il ?

1 réflexion au sujet de « Du Sahel au Bénin : la grande débâcle sécuritaire »

  1. C’est toujours à l’initiative de 2 personnes, que des millions d’êtres humains sont assassinés, si ces responsables étaient éliminés avant il n’y aurait pas de guerre , tout le problème réside dans la passivité des peuples qui ne réagissent pas assez vite et se laissent manipuler …

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