Rheinmetall a annoncé le 5 novembre 2026 une nouvelle révision de ses objectifs annuels. L’industriel allemand de défense prévoit désormais un chiffre d’affaires d’environ 13,2 milliards d’euros en 2026, contre une fourchette précédente de 13,7 à 14,2 milliards. La marge opérationnelle attendue passe d’environ 19 % à 18,5 %.
Cette réduction ne traduit pourtant pas un recul de l’activité. Selon les résultats publiés par Rheinmetall, les ventes des neuf premiers mois ont augmenté de 38 %, à 8,4 milliards d’euros. Le résultat opérationnel a progressé de 69 %, à 1,339 milliard, et la marge correspondante s’est améliorée à 16 %.
Un grand programme de blindés attendu en 2027
Le principal décalage concerne Arminius, programme allemand de véhicules blindés Boxer. Rheinmetall précise que les négociations sont dans leur phase finale, mais que la commande ne pourra intervenir qu’en 2027. Des retards d’acceptation de lots de munitions d’artillerie déplacent également des revenus attendus.
La nuance est importante : un besoin militaire identifié et des discussions avancées ne constituent pas encore un contrat exécuté. Pour un fabricant, le calendrier de notification, de fabrication et de réception des matériels détermine à quel moment les ventes peuvent être comptabilisées. Le report annoncé ne signifie donc pas, en lui-même, l’abandon du programme.
Selon Reuters, la baisse des prévisions a pesé lourdement sur l’action Rheinmetall le 5 novembre. Les investisseurs examinent notamment la capacité de l’entreprise à convertir ses perspectives de commandes en livraisons et en trésorerie.
Un carnet important, mais des contraintes d’exécution
Le groupe indique que son indicateur de portefeuille, qui comprend également certains accords-cadres, atteint 78 milliards d’euros au 30 septembre. Il ne faut pas assimiler mécaniquement cette somme à du chiffre d’affaires immédiatement réalisable. Les programmes d’armement nécessitent des étapes contractuelles et industrielles successives.
Le flux de trésorerie disponible opérationnel sur neuf mois est négatif, à hauteur de 1,698 milliard d’euros. Rheinmetall l’explique notamment par la constitution de stocks destinés à accompagner la hausse de production. Une entreprise peut ainsi enregistrer des bénéfices croissants tout en mobilisant beaucoup de liquidités pour préparer ses futures livraisons.
Cette situation illustre une difficulté commune à l’industrie de défense européenne : l’augmentation des budgets et des capacités de production ne supprime pas les délais administratifs, contractuels et techniques. Rheinmetall affirme poursuivre l’expansion de ses sites, notamment au Royaume-Uni et en Espagne. Le calendrier des commandes allemandes et de réception des munitions sera déterminant pour mesurer la traduction de ces investissements en ventes effectives.








