Pour la première fois, l’armée américaine utilise en Iran des drones kamikazes bon marché

Le drone LUCAS, arme à bas coût, vient bouleverser les stratégies militaires modernes.

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Pour la première fois, l’armée américaine utilise en Iran des drones kamikazes bon marché
Pour la première fois, l’armée américaine utilise en Iran des drones kamikazes bon marché © Armees.com

L’armée américaine a annoncé l’utilisation pour la première fois du drone suicide LUCAS lors de l’opération « Epic Fury » contre l’Iran. Ce drone représente une avancée notable dans la stratégie militaire moderne : il combine un coût réduit et une efficacité opérationnelle, face au besoin persistant de contrer des drones militaires. Conçu en Arizona par la société Spektre Works, le LUCAS se présente comme une réponse aux difficultés rencontrées par les armées occidentales face aux drones iraniens Shahed-136, notamment sur les théâtres d’opération actuels.

Un modèle inspiré et produit en grande série

Le LUCAS, acronyme de « Low-cost Unmanned Combat Attack System », s’inspire directement du drone iranien Shahed-136, explique Capital. Ce dernier a été largement utilisé par les forces russes en Ukraine et par les Houthis au Yémen. La conception du LUCAS est une « copie assumée » du Shahed-136, retravaillée pour gagner en polyvalence tout en faisant baisser le prix de fabrication.

Produit en grande quantité pour un coût d’environ 27 600,00 €, il est prévu comme une arme à usage unique ou « arme jetable ». Contrairement au système plus sophistiqué « Ripper », le LUCAS est 1 000 fois moins cher, une donnée qui pourrait fortement peser dans son adoption future sur divers champs de bataille.

Le fait qu’il puisse être catapulté, sa facilité de déploiement et son faible coût en font une option intéressante pour les stratégies modernes. Les premiers essais ont visé des systèmes de défense antiaériens, des bases de lancement de drones et de missiles, ainsi que des bases militaires iraniennes, montrant les capacités ciblées des essaims de drones.

Géopolitique : une situation tendue

Le développement et l’emploi du LUCAS interviennent dans un climat géopolitique tendu. Avec l’usage massif des Shahed-136 par les Russes en Ukraine, et l’incident survenu fin 2023 en mer Rouge où trois drones Shahed ont attaqué la frégate française Languedoc, l’intérêt pour des drones à bas coût s’est affirmé. Cette attaque n’avait pas fait de victimes, mais elle a forcé la Marine nationale à utiliser des missiles Aster, chaque missile coûtant environ 1 million d’euros, pour abattre des engins qui ne valaient guère plus de 30 000 dollars. Cette disproportion entre le coût de la riposte et la valeur des cibles a poussé à une réflexion stratégique, non seulement pour l’armée française, mais aussi pour d’autres forces de l’OTAN.

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