Pétrole : Trump dénonce les superprofits liés à la guerre en Iran

Donald Trump accuse ExxonMobil et Chevron de réaliser des profits excessifs grâce au conflit US-Iran, qui a fait grimper les prix du pétrole de 20% depuis février 2026.

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Donald Trump menace d’augmenter les droits de douane sur les véhicules européens. Une décision qui pourrait déclencher une guerre commerciale avec l’Union européenne et fragiliser l’économie mondiale. Wikipedia
Donald Trump menace d’augmenter les droits de douane sur les véhicules européens. Une décision qui pourrait déclencher une guerre commerciale avec l’Union européenne et fragiliser l’économie mondiale. Wikipedia | Armees.com

Depuis le début du conflit US-Israël contre l’Iran en février 2026, les majors pétrolières américaines ont enregistré des profits records. Le président Donald Trump, qui contrôle la stratégie militaire, découvre qu’il ne peut pas contrôler les marchés énergétiques qu’elle alimente. Le 3 août 2026, il accuse publiquement ExxonMobil et Chevron de réaliser des bénéfices excessifs sur le dos des consommateurs américains, exigeant une baisse immédiate des prix à la pompe. Une sortie inhabituelle pour un président républicain traditionnellement pro-business, motivée par l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

La guerre en Iran : une aubaine pour les majors pétrolières

Février 2026 : frappes militaires et première perturbation énergétique

Le 27 février 2026, les États-Unis et Israël lancent des frappes militaires contre l’Iran. L’opération provoque une perturbation immédiate des approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient. Le prix de l’essence, alors à 2,98 dollars le gallon, entame une ascension spectaculaire. Les marchés intègrent instantanément la prime de risque géopolitique : le baril de brut américain grimpe de 20% en cinq mois, atteignant 96 dollars en août 2026. Les majors pétrolières américaines voient leurs marges exploser, transformant l’instabilité régionale en opportunité financière.

Escalade géopolitique et hausse des prix : le mécanisme de la prime de risque

Entre février et juillet 2026, l’escalade militaire se poursuit. Chaque frappe, chaque menace de représailles iranienne ajoute une couche supplémentaire à la prime de risque. Le gallon d’essence atteint 4,10 dollars début août, soit une hausse de 40% en six mois. ExxonMobil annonce un profit de 14,5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, plus du double de l’année précédente (7,1 milliards). Chevron fait encore mieux : 12 milliards de dollars, contre 2,5 milliards un an plus tôt, soit une augmentation de 400%. Valero Energy bat son record trimestriel depuis la crise énergétique de 2022. Le conflit iranien crée mécaniquement des conditions idéales pour les raffineurs : offre perturbée, demande stable, marges maximales.

Trump face au dilemme : guerre ou prix de l’essence ?

Août 2026 : la suspension des frappes et ses effets immédiats (baisse de 5%)

Le 3 août 2026, Trump annonce la suspension d’une attaque planifiée contre l’Iran. L’effet sur les marchés est immédiat : les prix du brut chutent de 5% en quelques heures. Le président américain découvre qu’il dispose d’un levier direct sur les cours : la désescalade militaire. Mais ce levier a un coût stratégique. Reculer face à Téhéran pour soulager les automobilistes américains avant les élections de mi-mandat expose l’administration à des critiques sur sa fermeté. Trump choisit une troisième voie : maintenir la pression militaire tout en accusant les compagnies pétrolières de profiter de la situation. « Ils gagnent trop d’argent à cause d’une pénurie. Je n’aime pas ça. Ils vont redonner une partie au public et ils feraient mieux de baisser le prix de détail, le prix à la consommation », déclare-t-il publiquement.

Pourquoi Trump ne peut pas imposer une baisse des prix malgré son contrôle militaire

Trump se heurte à une réalité économique fondamentale : dans un marché libre, le président ne fixe pas les prix du pétrole. En juin 2026, il avait déjà ordonné au ministère de la Justice d’enquêter sur les prix de l’essence, suggérant une possible manipulation. Mais aucune preuve de collusion n’émerge. Les superprofits des majors résultent simplement du fonctionnement normal des marchés en période de crise. Trump l’admet lui-même avec une franchise inhabituelle : « Je n’aime pas ça. Je devrais être le dernier à le dire parce que je suis un grand partisan de la libre entreprise, personne plus que moi. Vous êtes surpris que je le dise ? Je le dis haut et fort. Je ne suis pas content. » Le président cible particulièrement Mike Wirth, PDG de Chevron, dans un message sur Truth Social : « La seule chose que [Wirth] a commodément oublié de mentionner, c’est que sans le génie, la prévoyance, la force et la stabilité de l’administration TRUMP, l’industrie pétrolière, et notre pays lui-même, seraient MORTS ! »

Les superprofits : effets secondaires inévitables de la stratégie militaire

Le paradoxe de Trump illustre une tension classique entre stratégie militaire et politique intérieure. Chaque décision d’escalade contre l’Iran enrichit ExxonMobil et Chevron. Chaque désescalade apaise temporairement les marchés mais affaiblit la posture stratégique américaine. Les élections de mi-mandat de novembre 2026 compliquent l’équation : les prix élevés de l’essence constituent un handicap électoral majeur pour le Parti républicain, qui risque de perdre sa majorité à la Chambre des représentants, voire au Sénat. La situation rappelle les débats français sur les superprofits de TotalEnergies, où le groupe pétrolier français a enregistré des bénéfices historiques lors de la crise énergétique de 2022, provoquant des appels à une taxation exceptionnelle.

Trump ne dispose finalement que de deux leviers réels : la désescalade militaire (qu’il refuse pour des raisons stratégiques) ou la pression publique sur les compagnies (inefficace économiquement mais utile politiquement). Son injonction publique « Faites BAISSER vos prix de détail à la consommation ! MAINTENANT ! » relève davantage de la communication politique que d’une politique économique cohérente. Les majors pétrolières n’ont aucune obligation légale de réduire leurs marges, et Trump, partisan affiché du libre marché, ne peut pas imposer un contrôle des prix sans renier ses principes. Le conflit iranien continuera d’enrichir l’industrie pétrolière tant que la prime de risque géopolitique restera élevée. La question n’est plus de savoir si Trump peut stopper ces superprofits, mais s’il peut les faire oublier aux électeurs américains avant novembre.

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