La Russie et le Tadjikistan renforcent leur coopération militaire sous l’égide de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Ces exercices conjoints, qui se déroulent du 7 au 11 avril 2025 au sud du Tadjikistan, illustrent le rôle central de Moscou au sein de cette alliance et les obligations qui lient ses membres.
Des manoeuvres militaires d’envergure, sur toute une semaine
Du 7 au 11 avril 2025, les forces armées de la Fédération de Russie et de la République du Tadjikistan mènent des exercices militaires conjoints sur le polygone montagneux et désertique de Kharb-Maidon, dans la région de Khatlon au Tadjikistan. Ces exercices ont mobilisé un contingent significatif de forces russes et tadjikes, avec pour objectif principal la préparation et la conduite d’une opération conjointe visant à éliminer des groupes armés ennemis en terrain montagneux.
Forces russes impliquées :
- 201ᵉ base militaire russe : située au Tadjikistan, elle constitue la plus grande installation militaire russe en dehors de son territoire national.
- Unités déployées : troupes de montagne, infanterie motorisée, unités blindées, artillerie, reconnaissance, défense NBC (nucléaire, biologique et chimique), et groupes mobiles de guerre électronique.
- Aviation : hélicoptères d’attaque Mi-24 et hélicoptères de transport et de combat Mi-8MTV5-1, utilisés pour le soutien aérien rapproché et le transport de troupes.
- Forces tadjikes impliquées :
- Unités d’infanterie légère : spécialisées dans les opérations en terrain montagneux, essentielles compte tenu de la topographie du pays.
- Forces spéciales : entraînées pour des missions de contre-terrorisme et de neutralisation de groupes armés illégaux.

Un scénario certes imaginaire… mais qui s’est déjà produit
es manœuvres ont simulé une incursion de groupes armés ennemis franchissant la frontière tadjike (soit exactement ce qui s’est produit lors de l’incursion dans la région de Koursk de Russie de forcées armées ukrainiennes, en août 2024). Les forces conjointes ont été chargées de détecter, encercler et neutraliser ces éléments hostiles. Les opérations ont inclus des phases de reconnaissance, des frappes d’artillerie de précision, des assauts héliportés et des actions de guerre électronique visant à perturber les communications ennemies.
Un exercice militaire, pour quoi faire ?
Ces manoeuvres, qui se déroulent au sud du Tadjikistan, poursuivent donc plusieurs objectifs tactiques et stratégiques.
Renforcement de l’interopérabilité : améliorer la coordination entre les forces russes et tadjikes, notamment en matière de communication, de commandement et de logistique.
Maîtrise du terrain montagneux : développer des tactiques spécifiques aux opérations en haute altitude et en environnement difficile.
Réactivité face aux menaces transfrontalières : accroître la capacité de réponse rapide à des incursions potentielles de groupes armés depuis les régions frontalières instables, en particulier l’Afghanistan voisin.
Les exercices conjoints entre la Russie et le Tadjikistan, menés sous l’égide de l’OTSC, illustrent donc la volonté des États membres de renforcer leur coopération militaire face aux menaces régionales.

L’OTSC, une alliance militaire sous leadership russe
Ces manœuvres s’inscrivent fonc dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance politico-militaire réunissant plusieurs États post-soviétiques. Comme le rappelle le site d’actualité Kazakhstan « La Presse Turquoise », l’OTSC a été fondée en 2002, succédant au Traité de sécurité collective signé en 1992. Elle regroupe actuellement six États membres : la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. L’objectif principal de l’OTSC est d’assurer la sécurité collective de ses membres, notamment par une coopération militaire renforcée et une coordination en matière de politique étrangère.
La Russie joue un rôle central au sein de l’OTSC, contribuant à plus de 50% du budget de l’organisation et représentant environ 80% des effectifs militaires combinés des États membres. Cette prédominance confère à Moscou une influence significative sur les orientations stratégiques et les décisions opérationnelles de l’alliance.
Obligations et engagements des États membres de l’OTSC
Les membres de l’OTSC sont liés par plusieurs engagements fondamentaux :
- défense mutuelle : une agression contre l’un des membres est considérée comme une agression contre tous, engageant une réponse collective ;
- mon-adhésion à d’autres alliances militaires : les États membres s’engagent à ne pas rejoindre d’autres alliances militaires, préservant ainsi la cohésion de l’OTSC ;
- consultation mutuelle : les membres doivent se consulter sur les questions de sécurité internationale affectant leurs intérêts ;
- coordination des politiques de défense : les États membres s’efforcent d’harmoniser leurs politiques de défense et de sécurité, renforçant l’interopérabilité de leurs forces armées.
Ces obligations visent à créer un cadre de sécurité collective efficace, bien que la mise en œuvre pratique dépende largement de la volonté politique des États membres et de la dynamique interne de l’organisation.








