L’Espagne, membre engagé et à part entière de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), fait l’objet de vives critiques à cause de ses dépenses militaires. La situation s’est envenimée quand Donald Trump, alors président des États-Unis, a tenu des propos virulents en envisageant d’« expulser » l’Espagne de l’alliance et en la traitant de « retardataire ». Ce commentaire alimente le débat sur les engagements financiers demandés aux membres de l’Otan, surtout à une époque où la sécurité internationale reste une priorité pour beaucoup.
Des objectifs financiers un peu ambitieux pour l’alliance
Au dernier sommet de l’Otan à La Haye en juin, il a été décidé que chaque pays devait consacrer 5 % de son PIB aux dépenses de défense. Pour l’instant, l’Espagne ne met de côté que 2 % de son PIB pour ce type de dépenses. Même si la pression se fait sentir, Madrid ne compte pas augmenter ses budgets pour atteindre cet objectif. En parallèle, l’Otan attend de ses membres qu’ils bossent pour atteindre au moins 3,5 % du PIB en dépenses militaires et y ajouter 1,5 % pour la sécurité au sens large.
Cette différence entre ce qui est demandé et ce que fait l’Espagne montre bien les tensions qui créent des remous au sein de l’alliance. Pendant que d’autres pays, comme la Pologne (4,48 %), la Lituanie (4 %) ou la Lettonie (3,73 %), ont revu leurs budgets militaires à la hausse dans le sillage du conflit en Ukraine, plus d’un quart des membres de l’Otan n’ont pas encore dépassé le seuil de 2 %.
Les réactions espagnoles face aux critiques
Suite aux propos de Donald Trump, plusieurs responsables espagnols ont rétorqué que « l’Espagne remplit ses objectifs de capacités autant que les États-Unis ». Le gouvernement défend sa stratégie en rappelant son engagement envers les objectifs fixés par l’alliance et en soulignant son autonomie stratégique. Selon Le Figaro, Pedro Sánchez, premier ministre espagnol, a qualifié l’objectif de 5 % du PIB de « déraisonnable » et a évoqué des « flexibilités » pour expliquer pourquoi cet objectif n’est pas respecté.
Pourtant, malgré ces tensions apparentes, Madrid a signé la déclaration finale du sommet, montrant ainsi une volonté de désamorcer les conflits tout en maintenant sa ligne de conduite sur les dépenses militaires.








