Face aux essaims de drones, l’OTAN teste une chaîne de riposte multinationale en Lettonie

L’OTAN a présenté le 30 octobre les premiers enseignements de ses expérimentations en Lettonie, consacrées à la connexion des capteurs, des réseaux et des systèmes antidrones de plusieurs alliés. Son président du Comité militaire souhaite voir une chaîne multinationale opérationnelle sur le flanc oriental dès 2027.

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Face aux essaims de drones, l’OTAN teste une chaîne de riposte multinationale en Lettonie © Armees.com

Relier un capteur d’un pays à un système de commandement et à un moyen d’interception d’un autre : c’est l’un des défis auxquels l’OTAN s’attaque face à la multiplication des drones sur le champ de bataille. Le 30 octobre 2026, à Riga, l’amiral Giuseppe Cavo Dragone, président du Comité militaire de l’Alliance, a assisté à la présentation des expérimentations FUSE, menées en Lettonie avec des militaires, des industriels et des spécialistes des capacités alliées.

Dans son compte rendu du 30 octobre, l’OTAN indique que ces essais ont associé connectivité numérique, défense contre les drones et ciblage de nouvelle génération. L’objectif est d’accélérer le passage de l’information recueillie par un capteur à une décision puis à une action, malgré la diversité des matériels et des réseaux nationaux.

Une ambition pour 2027 sur le flanc oriental

L’amiral Cavo Dragone a fixé un cap : il souhaite voir l’année prochaine une chaîne reliant capteurs et moyens d’action contre des essaims de drones, compatible avec les systèmes de plusieurs pays et déployée auprès d’unités sur le flanc oriental. Cette déclaration exprime une attente du responsable militaire ; l’Alliance doit encore évaluer les résultats des essais et arrêter les suites opérationnelles.

La guerre en Ukraine a mis en évidence la vitesse à laquelle les drones, les brouillages et les contre-mesures évoluent. Pour les forces alliées, la difficulté ne se limite plus à disposer d’un radar ou d’un intercepteur performant. Il faut que les informations circulent rapidement, que les unités partagent une situation cohérente et que les moyens de défense puissent coopérer au-delà des frontières.

Des drones de tailles différentes, des réseaux à connecter

Le programme d’expérimentation numérique DiBaX 2026, organisé du 19 au 30 octobre en Lettonie, apporte une dimension technique à cette ambition. Dans une présentation publiée le 28 octobre, l’Agence OTAN d’information et de communication (NCIA) décrit des essais de détection et d’interception potentielle de drones de différentes tailles, ainsi que de partage de données entre capteurs, systèmes de commandement et moyens d’action.

Les équipes ont aussi travaillé sur des communications résilientes. La NCIA fait état d’essais de réseaux 5G, de liaisons satellitaires et d’une solution de gestion du spectre radio permettant de mieux répartir les fréquences entre systèmes concurrents. Dans l’environnement électromagnétique d’un conflit, la capacité à maintenir les communications compte autant que la performance d’un équipement pris isolément.

Avec l’Agence spatiale européenne, les expérimentateurs ont également testé une connexion entre une installation 5G expérimentale et des communications par satellite reliant la Lettonie à un centre technique aux Pays-Bas. Il s’agit d’un essai d’interconnexion, pas de l’annonce d’un nouveau réseau de combat déjà déployé.

Le véritable enjeu : faire coopérer les armées alliées

Une défense antidrones multinationale doit rapprocher des systèmes qui n’ont pas nécessairement été conçus ensemble : radars, moyens d’identification, logiciels de commandement, liaisons de données et intercepteurs. Les expérimentations visent précisément à tester ces interfaces et à déterminer les obstacles techniques avant d’envisager une mise en service.

Le travail porte aussi sur des problèmes opérationnels identifiés en Ukraine, notamment la mobilité dans des environnements radio contestés et la protection des itinéraires contre les frappes de drones, précise la NCIA. Les résultats devront être analysés avec les nations participantes, les opérateurs et les industriels.

Pour les armées européennes, dont les forces françaises engagées dans la défense collective de l’Alliance, cette démarche pose une question concrète : comment combiner des équipements nationaux pour obtenir une réaction commune suffisamment rapide ? Les essais lettons constituent une étape de validation technique. Les choix d’acquisition, les financements et les déploiements dépendront des décisions ultérieures des alliés.

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