Le Conseil de sécurité des Nations unies a échoué, vendredi 30 octobre 2026, à prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Deux projets concurrents, américain et russe, ont été mis aux voix. Aucun n’a été adopté. À la veille de l’échéance du 31 octobre, le sort de cette mission d’observation militaire, présente depuis 1991, devient un sujet de négociation entre les grandes puissances.
Pourquoi les deux projets de résolution ont échoué
Le premier texte, présenté par les États-Unis, entendait redéfinir la mission et réduire sa composante militaire, tout en donnant une place centrale au plan d’autonomie défendu par le Maroc dans le règlement du conflit. Il a obtenu onze voix favorables, trois abstentions et un vote contre : celui de la Russie, membre permanent du Conseil, dont le veto a empêché son adoption. Reuters a rapporté les principales dispositions du projet et le veto russe.
Moscou a ensuite soumis un texte concurrent qui proposait de reconduire la MINURSO pour un an, sans transformation de son appellation ni de ses missions. Ce second projet a recueilli trois voix favorables, onze abstentions et un vote contre, celui des États-Unis. Il n’atteignait donc pas, à lui seul, les neuf voix nécessaires à l’adoption d’une résolution. Le compte rendu publié par TelQuel le 30 octobre retrace cette succession de votes.
Le Conseil a ainsi refusé aussi bien une réorientation de la mission dans le sens souhaité par Washington qu’une simple reconduction à l’identique portée par Moscou. Les travaux du Conseil de sécurité consacrés à la situation au Sahara occidental le 30 octobre attestent de la réunion tenue à New York.
Quel avenir pour les observateurs militaires de la MINURSO ?
La MINURSO a été créée en 1991 dans le cadre du processus de règlement du conflit opposant le Maroc au Front Polisario. Son mandat comprend une dimension d’observation militaire, héritée du dispositif de cessez-le-feu, et un objectif politique lié à l’organisation d’un référendum qui n’a jamais eu lieu.
L’absence de renouvellement avant l’échéance du 31 octobre ouvre une question immédiate : sous quelle autorité et selon quelles modalités les personnels de la mission pourront-ils poursuivre leurs activités ? Le blocage diplomatique ne permet pas, à lui seul, de fixer le calendrier d’un éventuel retrait physique des observateurs ni celui d’une réorganisation de leur présence. Une nouvelle décision du Conseil serait nécessaire pour clarifier durablement leur mandat.
Les enjeux sont concrets. Une mission d’observation contribue à recueillir des informations sur les incidents, à entretenir des canaux de liaison et à fournir aux Nations unies une appréciation indépendante de la situation sur le terrain. Toute modification de son périmètre ou de ses moyens doit être distinguée des positions politiques des parties au conflit.
Un désaccord sur le règlement politique autant que sur la présence militaire
Le Sahara occidental demeure un territoire disputé. Le Maroc défend un plan d’autonomie sous sa souveraineté ; le Front Polisario revendique l’autodétermination du peuple sahraoui, avec le soutien de l’Algérie. Les divergences entre membres du Conseil portent donc à la fois sur le cadre des négociations et sur le rôle futur des Nations unies.
Selon L’Opinion, dans son compte rendu du 30 octobre, aucune résolution n’a été adoptée au terme des deux scrutins. Les membres du Conseil peuvent encore négocier une formule de transition ou un nouveau compromis. Pour l’heure, la continuité du mandat de la MINURSO n’est pas assurée par les votes intervenus vendredi.








