« On ne pouvait rien faire contre les Geran-5 » : l’Ukraine déploie des mitrailleuses robotisées à IA qui les abattent en vol

Des mitrailleuses sans opérateur humain qui abattent des drones russes volant à 600 km/h : l’Ukraine dévoile une arme qui bouscule déjà les règles de la défense aérienne moderne.

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« On ne pouvait rien faire contre les Geran-5 » : l'Ukraine déploie des mitrailleuses robotisées à IA qui les abattent en vol
« On ne pouvait rien faire contre les Geran-5 » : l’Ukraine déploie des mitrailleuses robotisées à IA qui les abattent en vol © Armees.com

Des tourelles de mitrailleuses robotisées, équipées d’intelligence artificielle, ont réussi à abattre des drones russes à réaction, dont des Geran-5, a annoncé le lundi 5 octobre 2026 l’armée de l’air ukrainienne. L’information a été donnée par son porte-parole, Iouri Ihnat, lors du téléthon national d’information, et rapportée par le Kyiv Post.

Lui-même ne s’attendait pas à un tel résultat. « J’étais moi-même un grand sceptique, je me demandais comment c’était possible », a reconnu Ihnat devant les caméras. Les Geran-5 filent à près de 600 km/h, soit environ 170 mètres par seconde, et volent parfois à plusieurs kilomètres d’altitude. De quoi laisser peu de marge à des tirs de mitrailleuse classiques.

Un système qui calcule la trajectoire sans intervention humaine

Le principe repose sur la vision par ordinateur. La machine repère une cible dans l’image d’une caméra, la suit, puis calcule elle-même l’anticipation de tir, sans passer par un opérateur. Objectif affiché par Ihnat : supprimer l’erreur humaine. L’armée de l’air n’a toutefois précisé ni le nombre de drones abattus de cette manière, ni les conditions exactes des tirs.

Ces tourelles ciblent en priorité les Geran-5, mais peuvent aussi viser d’autres menaces. Elles sont installées notamment près des ponts de Kiev, une ville coupée en deux par le Dniepr. Selon le président Volodymyr Zelensky, plus de douze d’entre elles étaient déjà en place dans la capitale au dimanche 4 octobre, lors de la visite du chancelier allemand Friedrich Merz. Huit autres, armées de mitrailleuses de calibre .50, doivent encore être déployées dans la région.

Serguiï Beskrestnov, conseiller technologique du président ukrainien, a salué sur Telegram « une solution ukrainienne innovante qui permet d’abattre les drones grâce à des mitrailleuses contrôlées par l’IA ». Des journalistes de l’AFP ont pu observer ces matériels à Kiev : un groupe de tir mobile, « essentiellement un groupe de tir mobile sans opérateur humain, qui utilise déjà la vision optique et l’intelligence artificielle pour éliminer le facteur humain et procéder à des frappes », selon les mots d’Ihnat.

Le porte-parole tempère pourtant l’enthousiasme. Une mitrailleuse lourde ne porte guère au-delà d’un à deux kilomètres, et le système ne couvre qu’une zone précise, à condition que le drone passe assez bas. « Ce n’est pas une sorte de panacée », a-t-il résumé à l’AFP, précisant que l’efficacité dépend des conditions et de l’angle d’approche de la cible.

Les tourelles s’intègrent dans une défense aérienne à plusieurs étages, où le choix de l’arme varie selon l’altitude, la vitesse et la dangerosité de la menace. Leur atout principal reste le coût : une rafale revient bien moins cher qu’un missile sol-air, dont le prix se chiffre souvent en millions d’euros.

Le 14 septembre, Ihnat avait admis dans un entretien au Financial Times que l’Ukraine n’interceptait qu’environ 60 % des Geran-5, contre 95 % pour les autres types de drones russes. Quatre Geran-5 sur dix passaient donc à travers les mailles de la défense aérienne.

L’essentiel du travail d’interception continue de reposer sur l’armée de l’air : ces drones volent trop haut et trop vite pour les mitrailleuses, et seuls les avions de chasse, notamment les F-16, peuvent les intercepter en altitude.

Les ponts de Kiev restent une cible privilégiée de l’aviation russe. Le 4 octobre au matin, un drone a touché la chaussée du pont Nord alors que des voitures y circulaient. La veille, une première frappe sur ce même pont avait blessé deux personnes. C’était la quatrième journée consécutive où la Russie visait les ponts de la capitale sur le Dniepr.

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