Les 6 et 7 octobre 2026, les rebelles houthis du Yémen ont mené des attaques coordonnées contre deux aéroports majeurs en Arabie Saoudite, marquant une intensification inquiétante de leurs capacités militaires dans la région. Les attaques sur l’aéroport international d’Abha et le King Khalid International Airport de Riyad ont causé trois morts et blessé 36 personnes. La riposte massive et immédiate de l’Arabie Saoudite souligne une escalade militaire continue dans le conflit yéménite, qui dure depuis dix ans.
Moyen-Orient : missiles balistiques houthis et précision
Le 6 octobre, un missile balistique a frappé l’aéroport d’Abha, près de la frontière yéménite, tuant deux membres du personnel navigant et blessant 28 personnes, selon la GACA (General Authority of Civil Aviation) saoudienne. Le 7 octobre, une attaque similaire a visé le King Khalid International Airport à Riyad, causant la mort d’un ressortissant soudanais et blessant huit autres personnes. Ces cibles ont été choisies pour leur valeur symbolique et stratégique : Abha est un hub régional important, tandis que Riyad est la principale porte d’entrée aérienne du pays, accueillant plus de 35 millions de passagers chaque année.
Yahya Saree, porte-parole militaire des Houthis, a revendiqué ces attaques sur la plateforme X, précisant les armes employées. Il a averti les compagnies aériennes internationales d’éviter l’espace aérien saoudien. Cette communication vise à maximiser l’impact psychologique des frappes en menaçant la sécurité du trafic aérien commercial, au-delà des dommages matériels.
Réponse saoudienne : destruction de cibles houthis
En réponse, la coalition dirigée par Riyad a détruit une plateforme de lancement de missiles balistiques à Sanaa le 8 octobre, neutralisant ainsi les capacités offensives des rebelles. Le colonel Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, a confirmé que 82 cibles militaires houthis ont été détruites, y compris des dépôts de munitions et des centres de commandement. Cette riposte massive vise à restaurer la dissuasion et souligne une stratégie de représailles asymétriques.
La réponse saoudienne, l’une des plus importantes depuis la reprise des hostilités en juillet 2026, a suscité des inquiétudes internationales. L’ambassade américaine à Riyad a émis une alerte de sécurité, et le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jassim Mohammed al-Budaiwi, a dénoncé les attaques contre les aéroports civils comme des violations des lois internationales.
Contexte du conflit yéménite et enjeux géostratégiques
Depuis 2014, le conflit yéménite oppose le gouvernement reconnu internationalement, soutenu par l’Arabie Saoudite et ses alliés, aux rebelles houthis appuyés par l’Iran. Après une période d’accalmie, les hostilités ont repris en juillet 2026. Les Houthis contrôlent une grande partie du Yémen, y compris le détroit de Bab al-Mandeb, un passage maritime stratégique crucial pour le commerce mondial et le trafic pétrolier.
Les capacités balistiques des Houthis se sont considérablement améliorées depuis 2020, avec des missiles capables de frapper Riyad à plus de 800 kilomètres de distance. Les experts soupçonnent un soutien technologique iranien, bien que Téhéran nie toute implication. La précision des attaques récentes suggère des avancées technologiques, posant un défi majeur aux systèmes de défense antimissile saoudiens, principalement composés de batteries Patriot et THAAD américaines.








