La succession d’Ali Khamenei a été officiellement entérinée par l’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de désigner le guide suprême. Ce choix intervient alors que le conflit régional est entré dans sa deuxième semaine et que les forces iraniennes poursuivent leurs opérations de missiles et de drones dans plusieurs zones du Moyen-Orient.
Dans la structure institutionnelle iranienne, le guide suprême détient l’autorité ultime sur l’ensemble des forces armées, sur les Gardiens de la révolution et sur les programmes stratégiques du pays, notamment nucléaire et balistique. La désignation d’un successeur constitue donc un enjeu militaire central pour le régime.
Une succession organisée après la mort d’Ali Khamenei
Ali Khamenei a été tué le 28 février 2026 lors de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël contre plusieurs centres de commandement iraniens. L’attaque visait à frapper le cœur de la structure dirigeante du régime au début de la guerre.
Sa mort a été confirmée officiellement par les médias d’État iraniens le 1er mars. Le gouvernement a décrété quarante jours de deuil national tandis qu’un conseil de direction intérimaire assurait la gestion du pouvoir dans l’attente de la décision de l’Assemblée des experts.
Pendant cette période, les opérations militaires se sont poursuivies sans interruption. L’Iran a lancé plusieurs salves de missiles et de drones contre des cibles régionales, tandis que les États-Unis et Israël poursuivaient leurs frappes contre les infrastructures militaires et nucléaires iraniennes.
La nomination de Mojtaba Khamenei intervient donc environ neuf jours après la mort de son père. Selon plusieurs analyses internationales, ce délai correspond au temps nécessaire pour stabiliser les structures du pouvoir et organiser la succession dans un contexte de guerre.
Mojtaba Khamenei, un acteur de l’appareil sécuritaire iranien
Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei est depuis longtemps intégré aux cercles les plus fermés du pouvoir iranien. Bien qu’il n’ait jamais exercé de fonction politique élective, il a progressivement consolidé son influence au sein du système sécuritaire de la République islamique.
Les analyses de plusieurs agences internationales décrivent un religieux conservateur étroitement lié aux Gardiens de la révolution. Cette organisation paramilitaire constitue l’ossature de la puissance militaire iranienne, notamment dans les domaines balistique, nucléaire et dans la gestion des milices alliées dans la région.
Sa proximité avec cet appareil explique largement son accession au sommet de l’État. Pour les dirigeants iraniens, la priorité est de maintenir l’alignement des forces armées et d’éviter toute fracture interne au moment où le pays est engagé dans une confrontation directe avec les États-Unis et Israël.
La nomination de Mojtaba Khamenei présente également une dimension politique inédite. Pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, la fonction de guide suprême est transmise de père en fils, ce qui alimente déjà des critiques au sein d’une partie de l’opinion iranienne.
Continuité du commandement militaire dans un conflit régional
Dans l’organisation du pouvoir iranien, le guide suprême exerce un contrôle direct sur la hiérarchie militaire. Il nomme notamment les chefs des Gardiens de la révolution et les responsables des forces armées régulières.
Les Gardiens de la révolution disposent d’un rôle central dans la conduite de la guerre. Ils supervisent les programmes de missiles balistiques, les forces de drones et les opérations extérieures menées par les réseaux alliés de Téhéran dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
La succession de Mojtaba Khamenei intervient alors que la guerre provoque déjà des pertes importantes. Le conflit a fait au moins 1 638 morts dans la région et provoqué des frappes sur plusieurs infrastructures énergétiques.
Ces attaques ont également perturbé les marchés énergétiques. Le prix du pétrole Brent a dépassé 114 dollars le baril, soit environ 105 euros, dans un contexte d’inquiétude sur la sécurité des routes maritimes et sur la stabilité du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial.
Washington rejette la légitimité du nouveau dirigeant iranien
La nomination de Mojtaba Khamenei n’a pas modifié la position américaine. Donald Trump a rapidement critiqué cette succession, estimant que l’arrivée au pouvoir du fils de l’ancien dirigeant ne changerait pas l’attitude du régime iranien.
Pour Washington, cette nomination confirme la consolidation de la ligne la plus dure au sein de la République islamique. Les analyses occidentales considèrent que Mojtaba Khamenei pourrait adopter une posture encore plus offensive, notamment sur les questions nucléaires et balistiques.
Du point de vue militaire, cette succession vise donc avant tout à préserver la cohésion interne du régime et à garantir la continuité des opérations en cours.
Plus d’une semaine après la mort d’Ali Khamenei, la transition politique iranienne ne marque pas un tournant vers la désescalade. Elle confirme plutôt que l’appareil politico-militaire de la République islamique reste structuré autour des forces de sécurité et prêt à poursuivre l’affrontement engagé avec les États-Unis et leurs alliés.
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