La junte militaire au pouvoir au Mali aurait-elle procédé à une nouvelle purge de grande ampleur ? En tout cas, une vague d’arrestations vient d’avoir lieu dans le pays. Les autorités la justifient par une tentative de « déstabilisation ».
Une vague d’arrestations dans l’armée au Mali
Un coup de filet sans précédent dans l’armée malienne. Selon plusieurs sources, les arrestations de militaires haut gradés se multiplient dans le pays. Entre 20 et 50 militaires ont été interpellés, dont le général Abass Dembélé, ex-gouverneur de Mopti et figure populaire parmi les troupes. D’après un proche cité par l’AFP, « on ne lui a pas dit pourquoi il est arrêté ». Les opérations se sont concentrées à Kati, fief militaire et centre névralgique du pouvoir, où la junte, déjà installée par les putschs de 2020 et 2021, semble chercher à neutraliser toute opposition interne.
Ainsi, au moins 45 militaires sont désormais aux arrêts, parmi lesquels deux généraux. Outre Abass Dembélé, Nema Sagara, générale de brigade à l’état-major de l’armée de l’air et l’une des plus hautes gradées féminines, figure sur la liste. Les arrestations ont touché la garde nationale, corps d’origine du ministre de la Défense, Sadio Camara, qui n’est pas inquiété à ce jour. Un officier supérieur proche de la junte affirme : « Le règlement militaire est clair. Ils ont voulu déstabiliser la transition et ils sont aux arrêts. »
Entre menace réelle et purge politique
Si les autorités maliennes gardent le silence, le débat enfle. Pour les observateurs internationaux, cet épisode s’apparente plus à une énième purge qu’à une réponse ferme à un risque de coup d’État. Ce flou alimente la suspicion dans un contexte où les alliances extérieures, notamment avec la Russie via Africa Corps, renforcent les clivages internes. La chronologie des faits, les profils ciblés et l’absence de communication officielle nourrissent l’idée d’une stratégie visant à verrouiller l’appareil militaire autant qu’à contrer une éventuelle menace.
Depuis 2012, le Mali est enlisé dans une guerre contre des groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique, qui contrôlent des pans entiers du territoire. Les coups d’État successifs et les rivalités au sein des forces armées affaiblissent la cohésion interne, ouvrant la voie à des manœuvres de pouvoir récurrentes. Cette vague d’arrestations s’inscrit dans une longue série de règlements de comptes militaires, où la frontière entre sécurité nationale et ambitions personnelles reste floue.








