Pendant que l’Europe débat de ses budgets de défense, Pékin investit discrètement des dizaines de milliards d’euros dans ses infrastructures stratégiques via le Luxembourg. L’ennemi n’est pas toujours là où on le cherche. Et cette guerre-là, personne ne la finance.
**47 Mds€**
Estimation des actifs chinois logés au Luxembourg via des structures opaques, selon l’enquête OpenLux — soit davantage que le budget annuel de la défense française.
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Quand la finance fait le travail que l’espionnage ne peut pas faire
On surveille les drones. On compte les frégates. On débat des chars Leclerc. Mais pendant ce temps, une autre forme de pénétration stratégique prospère tranquillement, à quelques kilomètres de Bruxelles, dans un Grand-Duché de 660 000 habitants dont le modèle fiscal a été érigé en système industriel.
L’enquête publiée par *Le Monde* révèle comment le Luxembourg est devenu, en toute légalité, la porte d’entrée privilégiée de la Chine dans le tissu économique européen. Fleurons technologiques, immobilier stratégique, participations dans des infrastructures sensibles : Pékin a tissé une toile méthodique, patiente, d’une cohérence stratégique que nos armées devraient envier.
Force est de constater l’évidence : acquérir un équipementier européen via un fonds domicilié à Luxembourg coûte infiniment moins cher — et produit des effets bien plus durables — qu’une opération militaire. On appelle cela de l’investissement. On devrait appeler cela ce que c’est : de la guerre économique à coût marginal.
Combien la France consacre-t-elle à surveiller ces flux ? À cartographier ces prises de participation ? À évaluer les risques pour ses industries duales ? La réponse honnête est : pas assez, et avec des outils inadaptés.


