Ce samedi 25 juillet 2026, la France brûle, au sens propre comme au sens figuré. Tandis que l’A400M vole au secours de la Gironde, un espion présumé est arrêté au QG militaire de l’OTAN, et la mer Rouge repart en guerre. Trois crises simultanées qui posent une question brutale : nos armées peuvent-elles tout faire à la fois ?
20 000
Litres d’eau largués en quelques secondes par un seul A400M converti en bombardier d’eau — un symbole de la polyvalence exigée de nos équipements militaires.
L’A400M pompier : l’armée, variable d’ajustement de toutes les crises
Force est de constater que l’armée française est devenue le prestataire de services universels de la République. Incendie en Gironde ? On envoie 500 militaires et on reconvertit un avion de transport stratégique en bombardier d’eau. Crise sanitaire ? L’armée. Sécurisation des Jeux olympiques ? L’armée. Catastrophe naturelle ? L’armée encore.
Je ne nie pas l’utilité de ces déploiements. L’A400M, avec ses 20 000 litres largués en quelques secondes, est impressionnant. Et face à un feu qui menace désormais les portes de Bordeaux, on comprend que le gouvernement sorte ses plus gros calibres. Mais cette polyvalence forcée a un coût que personne ne veut regarder en face.
Chaque heure de vol d’un A400M en mission intérieure, c’est une heure qui ne sert pas à l’entraînement opérationnel, à la projection extérieure, ou à la dissuasion. Le coût horaire d’exploitation de cet appareil dépasse les 30 000 euros. Qui paye ? Comment ces missions civilo-militaires sont-elles remboursées au budget des armées ? Rarement de manière transparente. L’armée absorbe les coûts, le ministre de l’Intérieur prend les lauriers. Ce modèle n’est pas soutenable à long terme.
L’espion à l’OTAN : un signal d’alarme que Bruxelles ne peut ignorer
À Mons, au quartier général militaire de l’Alliance, un stagiaire canadien d’origine chinoise vient d’être arrêté pour soupçon d’espionnage. Les autorités belges affirment que les opérations n’ont pas été compromises. Peut-être. Mais cette affaire révèle une faille structurelle que j’observe depuis des années : l’OTAN recrute large, vite, et avec des procédures de vetting qui peinent à suivre le rythme des menaces hybrides contemporaines.
La Chine, comme la Russie avant elle, a parfaitement compris que les batailles du XXIe siècle se gagnent autant dans les couloirs d’un QG que sur le terrain. Infiltrer une organisation multinationale comme l’OTAN via un stagiaire — profil discret, accès banalisé, soupçons tardifs — c’est du manuel. Et le fait que cela ait fonctionné, même partiellement, devrait nous inquiéter profondément.
Pour la France, qui accueille des structures de commandement de l’Alliance sur son territoire et qui vient de renforcer son engagement au sein de l’OTAN, cette affaire est un rappel cinglant : la souveraineté des renseignements ne se délègue pas. Le contre-espionnage est une fonction régalienne qui mérite des moyens, pas des économies.
Mer Rouge, Houthistes, pétroliers : l’addition qui arrive
Pendant ce temps, l’Arabie Saoudite et les Houthistes semblent au bord d’une nouvelle conflagration en mer Rouge. Deux pétroliers attaqués, des frappes de représailles sur Hodeïda. Les détroits stratégiques de la région redeviennent un théâtre d’opérations actif.
Quelle est la posture française ? La Marine nationale dispose de capacités de projection en océan Indien, et nos intérêts économiques dans la libre circulation maritime sont considérables. Mais nos frégates ne sont pas extensibles à l’infini, et nos budgets non plus.
Trois crises, trois théâtres, une seule armée. Je pose la question directement aux décideurs politiques : la remontée en puissance des armées françaises que vous annoncez depuis 2022, est-elle à la hauteur de la réalité stratégique de 2026 ? Les soldats, eux, connaissent déjà la réponse.


