Le pari colossal de la France : le coût réel du porte-avions PA-NG se précise

Le PA-NG, futur porte-avions nucléaire français, promet de révolutionner la puissance navale.

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Le pari colossal de la France : le coût réel du porte-avions PA-NG se précise
Le pari colossal de la France : le coût réel du porte-avions PA-NG se précise | Armees.com

Alors que la France renforce ses capacités navales, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un nouveau porte-avions nucléaire qui prendra la suite du Charles-de-Gaulle. Lors d’une visite aux Émirats arabes unis, le 21 décembre, le président français a présenté ce projet ambitieux pour moderniser la force navale. Prévu pour être opérationnel en 2038, ce navire illustre la volonté de la France de maintenir sa présence sur les mers et d’assurer sa défense stratégique.

Un chantier énorme à Cherbourg

Le chantier naval de Cherbourg, sous l’égide de Naval Group, accueille déjà les premières étapes de ce projet lancé en septembre dernier. La construction de ce géant des mers est un véritable défi technique et industriel : 310 mètres de long et 85 mètres de large, rappelant l’ampleur du programme Barracuda. Pesant près de 80 000 tonnes, le PA-NG deviendra le plus grand navire militaire d’Europe, dépassant son prédécesseur, le Charles-de-Gaulle.

Technic Atome et Naval Group ont décroché une commande de 600 millions d’euros pour les chaufferies nucléaires K22 (pour la propulsion). La loi de programmation militaire, qui couvre la période de 2024 à 2030, prévoit un financement de 413 milliards d’euros, dont une part financera les coûts de conception du PA-NG, estimés entre 5 et 10 milliards d’euros.

Ce qu’il pourra embarquer et les technologies embarquées

La construction ne se limite pas à la taille du navire. D’après un reportage TF1, le PA-NG accueillera 2 000 personnes à bord et pourra embarquer une quarantaine d’appareils, dont 30 Rafale M, des drones, des hélicoptères et 2 E-2D Hawkeye, illustrant la modernisation des capacités nucléaires. Il sera équipé de missiles Aster à lancement vertical et d’un système de catapultage électromagnétique EMALS, qui devrait presque doubler le nombre de sorties aériennes par rapport au Charles-de-Gaulle. Le président Macron a souligné que « les principaux axes de développement sont déjà décidés » selon l’Amiral Alain Coldefy, illustrant la modernisation continue de l’arsenal.

Thales fournira le radar Sea Fire (pour la détection et la conduite de tir), capable de suivre jusqu’à 1 000 cibles simultanément. La surface du pont d’envol atteindra 17 200 m², tandis que le hangar disposera de 4 500 m², une nette amélioration par rapport au Charles-de-Gaulle.

Retombées économiques et engagements politiques

Le projet du PA-NG constitue aussi une grosse poussée pour l’économie. Emmanuel Macron a déclaré que ce chantier pharaonique « va directement irriguer notre économie avec l’emploi de 800 fournisseurs, dont 80 % sont des PME impliquées dans la construction« . Cette initiative traduit une volonté de protéger et soutenir le tissu industriel français, promesse réitérée par le chef de l’État lors d’une prochaine visite prévue en février.

La découpe des tôles est programmée pour 2031 à Saint-Nazaire, avec une mise en service du PA-NG en 2038. Le Général Fabien Mandon a rappelé l’importance de renouveler cet outil stratégique pour que la flotte reste constamment opérationnelle.

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