L’armée de l’Air simule le pire : une base évacuée en urgence lors d’un exercice choc

L’exercice « Topaze » a révélé une stratégie militaire audacieuse, inspirée par les conflits récents.

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L’armée de l’Air simule le pire : une base évacuée en urgence lors d’un exercice choc
L’armée de l’Air simule le pire : une base évacuée en urgence lors d’un exercice choc © Armees.com

L’Armée de l’Air et de l’Espace française a récemment mené un exercice d’envergure nommé « Topaze », conçu pour simuler une attaque par des drones, en s’inspirant des événements observés en Ukraine. À une époque où les menaces évoluent vite, cet entraînement vise à préparer les forces à des scénarios de guerre de haute intensité, en mettant l’accent sur la dispersion des forces pour améliorer la survivabilité des appareils.

Une simulation bien coordonnée

Le scénario, calqué sur des épisodes de la guerre en Ukraine, a été soigneusement orchestré par l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Pour simuler une attaque par drones, plusieurs unités ont été engagées, notamment la Brigade aérienne de l’aviation de chasse (BAAC), dirigée par le général Pierre Gaudillière, ainsi que la 30e escadre de chasse, qui a mobilisé environ 20 Rafales.

La simulation s’est déroulée sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, dans le département des Landes. Un réseau étendu de 28 bases aériennes en métropole et en Corse, ainsi que des infrastructures civiles, a aussi été mobilisé. Des bases de repli comme celles de Cazaux (Gironde), Cognac, Mérignac et Clermont-Ferrand ont joué des rôles stratégiques, Clermont-Ferrand accueillant un atelier industriel aéronautique indispensable à la régénération des avions.

Le déroulé de l’opération simulée

L’exercice s’est étalé sur la semaine. Selon le 20 Minutes, une alerte simulée a été donnée le mercredi matin à 8 heures, demandant au commandant de faire décoller environ 20 Rafales avant 15 heures. Le plan prévoyait une riposte rapide, programmée dès le lendemain, jeudi. Cette cadence vise à entraîner les escadrons à une dispersion rapide avec peu de préavis, nécessaire en cas de conflit intense.

Les scénarios et doctrines en jeu

Un des objectifs majeurs de « Topaze » était d’entraîner la dispersion des Rafale : mettre les avions à l’abri rapidement, les redéployer vers des bases sûres et organiser un raid de riposte. Le concept doctrinal employé, Agile Combat Employment (ACE), renforce l’idée que mobilité et agilité des forces sont fondamentales pour l’OTAN. Le général Gaudillière a insisté sur le fait de ne pas rester immobile face aux menaces actuelles, citant des opérations comme Spiderweb où l’immobilité a entraîné des pertes significatives.

Détails opérationnels et armement

L’exercice a porté sur la mise à l’abri de 20 Rafales, puis leur redéploiement vers des bases de repli avec des missions attribuées à chaque site. Par exemple, la base de Cazaux a été chargée d’armer les avions avec des missiles de croisière Scalp (utilisés ici à titre factice) et des missiles air-air Mica et Meteor pour préparer une frappe de rétorsion. En parallèle, mécanos et logisticiens ont conduit une manœuvre logistique importante pour acheminer le matériel nécessaire par la route.

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