Voilà une question qui agite les Français, alors même que le président Emmanuel Macron, dans son allocution du 5 mars 2025, n’a pourtant jamais évoqué explicitement la réintroduction de la conscription généralisée. Le chef de l’État préfère miser sur un renforcement ciblé de l’engagement volontaire des jeunes auprès des forces armées, dans un climat international qui sent dangereusement la poudre.
Emmanuel Macron appelle à une mobilisation renforcée des jeunes volontaires.
Car depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Europe tout entière semble se souvenir brutalement que la paix ne s’acquiert pas simplement en claquant des doigts. Emmanuel Macron, conscient des enjeux, a déjà promis un effort colossal de 413 milliards d’euros pour réarmer la France entre 2024 et 2030. C’est dans ce cadre qu’il appelle aujourd’hui à une mobilisation renforcée des jeunes volontaires.
Mais l’opinion publique française, elle, voit plus loin et surtout autrement. Sandra Simon, habitante de La Turbie dans les Alpes-Maritimes, tranche sans détour : « Oui, pour moi c’est important de remettre le service militaire pour apprendre le respect et les valeurs de la France. » Jacques, de Brimont dans la Marne, approuve d’un ton ferme : « Le service militaire, c’est savoir vivre, apprendre à se lever le matin, c’est plus que nécessaire. »
À Saint-André-les-Vergers dans l’Aube, Loulou tire même de ses souvenirs personnels une vision plus radicale : « Il faut reprendre ces enfants trop gâtés des beaux quartiers parisiens ainsi que ceux des cités, leur apprendre le respect, le dépassement de soi et à saluer le drapeau tous les matins. » Audrey, de Villeneuve-sur-Yonne (Yonne), approuve en estimant que le service militaire pourrait remettre certains jeunes délinquants « dans les rails ».
Le service militaire : une fausse bonne idée ?
Toutefois, le consensus n’est pas au rendez-vous. Bernard Gibaud, de Domgermain (Meurthe-et-Moselle), met en garde : « L’armée, ce sont des zones de guerre, des hommes de terrain. Ils ne sont pas là pour apprendre à lire aux gamins. » Paul Hyla, de Meaux (Seine-et-Marne), partage ces doutes et interroge frontalement : « Peut-on remettre le service militaire avec les jeunes qui ont brûlé les centres-villes ces dernières années ? Ceux qui refusent toute autorité ? »
Lionel, de Saint-Priest (Rhône), propose de revenir au service civique, plus réaliste selon lui, pour susciter naturellement des vocations militaires : « Il serait peut-être plus judicieux de restaurer le service civique et d’y tenter de susciter des vocations pour l’armée. » Une idée qui rejoint la préoccupation financière soulevée par TigerCed de Montreuil (Seine-Saint-Denis), rappelant que « la France n’a plus les moyens financiers d’un tel service obligatoire généralisé ».
Ainsi, si Emmanuel Macron n’a pas relancé officiellement la conscription, le débat, lui, s’est imposé spontanément dans toutes les chaumières. Une France divisée entre nostalgie d’une époque révolue et inquiétude pragmatique face aux réalités modernes. Le président voulait un débat ? Il l’a. Et il ne fait sans doute que commencer.
Avis recueillis ce 7 mars 2024 par l’application CiviVox utilisée par Cnews.








