Lucerne accueille cette semaine des jeux pas comme les autres. Mais que viennent chercher ces militaires sur les pistes suisses ?
Une falaise à Wädenswil. Une trace à Conches. Une cible invisible dans le brouillard d’Andermatt. Les Jeux mondiaux militaires d’hiver 2025 ont débuté !
Jeux d’hiver 2025 : l’armée française en ordre de bataille
Du 23 au 30 mars 2025, plus de 1 500 militaires représentant 40 nations se retrouvent à Lucerne, en Suisse. Pas pour des manœuvres, mais pour une confrontation sportive organisée par le Conseil international du sport militaire (CISM). Ces Jeux mondiaux d’hiver, cinquième édition du genre, mêlent excellence physique, camaraderie et rigueur disciplinaire sous une devise simple : « Amitié par le sport ».
Réparties sur six sites, les dix disciplines proposées vont du ski alpin au biathlon, en passant par le parachute-ski et l’escalade. Engelberg, Andermatt, Conches ou Emmen… Dans ces lieux, les militaires vont devoir exprimer leur endurance, leur maîtrise, ou encore leur sang-froid.
La délégation française affiche un effectif de 64 athlètes. Encadrée par 42 techniciens et médecins militaires du Centre national des sports de la Défense (CNSD), elle couvre huit disciplines, dont certaines en parachute-ski.
Parmi les têtes d’affiche, le skieur de fond Jules Chappaz, la biathlète Lou Jeanmonnot, la grimpeuse Oriane Bertone ou encore le spécialiste du cross-country Djilali Bedrani. « Chaque athlète incarne un visage de la performance militaire », souligne un cadre de la délégation cité par l’état-major.
Un événement à haute valeur symbolique
Avec un budget plafonné à 13 millions d’euros, financé par l’armée suisse, ces Jeux veulent aussi être exemplaires. Le Comité d’organisation helvétique le répète : « Nous prouvons qu’une grande manifestation peut rester sobre, responsable économiquement et respectueuse de l’environnement. »Outre les Français, plusieurs figures mondiales sont de la partie : la Polonaise Aleksandra Miroslaw, recordwoman de vitesse en escalade, ou encore la biathlète autrichienne Lisa Hauser. L’élite civile rejoint ici les rangs militaires, pour le temps d’un uniforme partagé.
Et le public ne s’y trompe pas : l’accès est libre et gratuit à toutes les épreuves. Une manière directe de montrer une armée proche, vivante, et humaine.
Pourquoi une armée s’intéresse-t-elle autant au ski-alpinisme ou à l’escalade de vitesse ? Parce qu’au-delà de l’apparence sportive, ces disciplines testent les fondamentaux du métier de militaire : prise de décision rapide, effort en milieu difficile, gestion du stress.
Depuis leur création par le CISM, ces Jeux alternent hiver et été tous les quatre ans. Ils sont une scène diplomatique, un moyen d’échange entre forces armées, loin des arsenaux. Un soldat qui affronte un concurrent sur la neige en ressort toujours changé.
« La fraternité d’arme passe aussi par les raquettes ou les skis », affirmait déjà l’ancien président du CISM, le colonel Hervé Piccirillo, en 2021.
Mais la précédente édition, en octobre 2019 à Wuhan, avait défrayé la chronique bien au-delà du sport. Organisée un mois avant l’apparition officielle du Covid-19, elle a été soupçonnée d’avoir abrité un des épicentres principaux du virus. Au printemps 2020, en plein confinement, la pentathlète française Élodie Clouvel évoquait publiquement une possible contamination sur place.








