Guerre en Iran : l’accord de paix menacé par Israël ?

Israël refuse catégoriquement de retirer ses troupes du Liban, défiant l’accord de paix États-Unis-Iran. Le ministre de la Défense Israel Katz annonce que Tsahal restera « indéfiniment » dans les territoires occupés, menaçant la mise en œuvre de l’accord prévu vendredi.

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Iran instaure une autorité officielle pour percevoir des péages au détroit d'Ormuz
Guerre en Iran : l’accord de paix menacé par Israël ? © Armees.com

Le ministre de la Défense israélien Israël Katz vient de porter un coup sévère à l’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran. Dans ses premiers commentaires officiels suivant l’annonce de cet accord préliminaire, Katz a clairement indiqué qu’Israël ne se retirerait pas des territoires occupés au Liban, malgré les pressions diplomatiques croissantes. « Israël prévoit de rester indéfiniment sur les terres qu’il détient au Liban, ainsi qu’en Syrie et dans la bande de Gaza », a déclaré le ministre, selon Asharq Al-Awsat.

Au cours des deux dernières années et demie, Tsahal a pris le contrôle de zones à Gaza, au Liban et en Syrie représentant environ 1 000 kilomètres carrés de territoire, soit une superficie légèrement inférieure à celle de New York. L’Iran avait pourtant conditionné l’accord de paix intérimaire à l’arrêt des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban.

Netanyahu défie ouvertement la diplomatie de Trump

Le refus catégorique d’Israël de respecter les clauses de retrait négociées par Washington révèle une fracture diplomatique majeure. Selon les médias israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a directement communiqué ce refus au président américain Donald Trump. « Nous nous opposons fermement au retrait du Liban, position que nous avons clairement exprimée aux États-Unis », a souligné Katz.

L’intransigeance israélienne s’accompagne d’une escalade rhétorique. Le ministre de la Défense a menacé que si l’Iran attaquait Israël à cause des frappes israéliennes au Liban, Israël riposterait avec « une grande force ». D’après US News, l’État hébreu maintient qu’il n’est pas lié par l’accord américano-iranien.

L’extrême droite israélienne saborde l’accord

L’opposition interne israélienne à l’accord dépasse les seules déclarations du ministre de la Défense. Deux ministres d’extrême droite ont publiquement dénoncé l’accord entre les États-Unis et l’Iran, révélant les tensions au sein même du gouvernement Netanyahu.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a adopté une rhétorique particulièrement véhémente : « L’accord de Trump ne nous lie pas… nous ne sommes pas partie à cet accord. Il ne garantit pas notre sécurité ». Sur sa chaîne Telegram, il a ajouté : « Nous ne devons nous contenter de rien de moins que le démantèlement du Hezbollah. Nous ne devons pas nous retirer d’un seul centimètre de territoire que nos soldats ont capturé ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a fait écho à ces positions, qualifiant l’accord de « mauvais pour Israël« . Il a appelé à « une campagne plus forte au Liban » et insisté sur le fait que « nous serons jugés au Liban. C’est notre guerre, nos soldats, et la sécurité immédiate de nos résidents du nord ».

Un accord géostratégique aux enjeux considérables

L’accord préliminaire annoncé par Trump prévoit la fin immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, la levée du blocus naval américain, la réouverture du détroit d’Ormuz et un délai de 60 jours pour résoudre la question du programme nucléaire iranien. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé, a confirmé que la signature officielle aurait lieu vendredi à Genève.

Cependant, les dirigeants européens expriment déjà leur scepticisme. « C’est encore long jusqu’à vendredi », a commenté le ministre luxembourgeois Xavier Bettel, illustrant les doutes sur la viabilité de l’accord face à l’opposition israélienne.

Des implications diplomatiques majeures pour la région

Les dirigeants mondiaux saluent l’accord malgré les incertitudes. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré espérer « que cet accord mette fin aux hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban ». La Chine, par la voix de son porte-parole Lin Jian, a exprimé l’espoir que « le libre passage dans le détroit d’Ormuz soit rétabli le plus rapidement possible ».

Néanmoins, la position d’Israël complique considérablement la mise en œuvre pratique de l’accord. L’Iran avait explicitement lié l’accord intérimaire à l’arrêt des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban, condition que Tel-Aviv rejette catégoriquement.

L’escalade militaire se poursuit malgré l’accord

Les troupes israéliennes maintiennent leur présence dans les « zones de sécurité » au Liban, en Syrie et à Gaza, défiant ouvertement les attentes internationales et les engagements américains. L’attitude d’Israël soulève des questions fondamentales sur l’efficacité de la diplomatie américaine dans la région, alors que Trump avait pourtant célébré l’accord sur les réseaux sociaux, déclarant : « Félicitations à tous ! » et autorisant « l’ouverture gratuite du détroit d’Ormuz ».

La situation reste particulièrement volatile au Liban, où Israël a bombardé dimanche les banlieues sud de Beyrouth, ignorant les appels de Trump et d’autres dirigeants à cesser les attaques contre le Hezbollah. Ben-Gvir a même menacé de représailles systématiques : « Chaque lancement de drone ou missile vers Israël depuis le Liban conduira à une frappe israélienne dans la Dahiyé ».

Alors que la signature de l’accord reste prévue pour vendredi, l’intransigeance israélienne pourrait transformer ce qui devait être une percée diplomatique majeure en un nouveau facteur de déstabilisation régionale. La question du retrait des troupes israéliennes des territoires occupés demeure ainsi le principal obstacle à une paix durable au Moyen-Orient, remettant en question la capacité de Washington à imposer ses vues à son principal allié régional.

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