Depuis les attaques d’Israël, la défense aérienne de l’Iran a souffert. Pour préserver ses capacités militaires, Téhéran vient de se doter de systèmes chinois HQ-9B. Et pour cette transaction, la République islamique a réglé la note… en pétrole.
L’Iran renforce sa défense aérienne
Téhéran remet le paquet sur sa défense aérienne. À la suite d’un cessez-le-feu de douze jours avec Israël, l’Iran aurait lancé une accélération massive de sa reconstruction militaire. Et cette fois, ni les États-Unis ni la Russie ne jouent les fournisseurs : c’est la Chine qui est en première ligne.
Selon le média londonien Middle East Eye, Téhéran a reçu des batteries de missiles sol-air HQ 9B en échange d’une hausse significative de ses livraisons de pétrole à la Chine. Une méthode de troc qui permet à l’Iran de contourner les sanctions occidentales tout en se réarmant rapidement.
La version B du système HQ 9, conçue pour rivaliser avec le S 300 russe, offre une capacité d’interception d’avions, de missiles balistiques et de missiles de croisière jusqu’à 200 kilomètres, avec une vitesse de Mach 4,2. Ce renforcement s’inscrit dans une stratégie de défense déjà amorcée par l’Iran, qui s’appuie sur ses systèmes Khordad 15, Bavar 373 ou encore les S 300 russes.
Pourquoi cette précipitation iranienne ? Durant les douze jours de conflit, Israël a neutralisé plusieurs installations stratégiques et plateformes de lancement iraniennes, exposant la vulnérabilité persistante du territoire.
Les HQ 9B sont donc perçus comme un élément dissuasif, une nouvelle couche de protection pour les installations militaires et nucléaires iraniennes. D’après l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), 90 % du pétrole brut iranien est exporté vers la Chine, ce qui confère à Pékin un levier énergétique considérable.
Démenti chinois, tensions croissantes : qui croire ?
Pékin, de son côté, nie cette livraison : « Nous considérons que le contenu de ce rapport est erroné. Par principe, la Chine s’oppose résolument à la diffusion des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. » Elle ajoute : « La Chine n’exporte jamais d’armements vers des pays en situation de guerre. » Mais ce démenti peine à convaincre. Historiquement, la Chine a fourni à l’Iran des missiles HY 2 Silkworm dès la guerre Iran Irak, et déjà en 2010, des HQ 9 avaient été livrés, comme le rappellent plusieurs experts militaires.
Plus récemment, DefenseMirror révélait, le 9 juillet, que les batteries HQ 9B avaient été transférées au lendemain du cessez-le-feu du 24 juin 2025, aux côtés de systèmes HQ 22. Le pétrole iranien aurait ainsi servi de monnaie d’échange dans un bartering agreement, méthode prisée pour échapper aux contraintes légales du marché de l’armement.
Pour Israël, ce réalignement est une épine géostratégique. Si le ciel iranien devient aussi imprenable que celui d’un État membre de l’OTAN, les frappes chirurgicales perdent leur efficacité. Or, selon les révélations de JForum, les HQ 9B sont capables d’intercepter des avions furtifs comme le F 35, pièce maîtresse de l’arsenal israélien.








