Armement : Macron lance le chantier de l’usine de poudre de Bergerac

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 11 avril 2024 à 14h07
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Emmanuel Macron, accompagné du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, lance officiellement le projet de construction d'une usine d'Eurenco, leader européen dans la fabrication de poudre et explosifs, à Bergerac, ce jeudi 11 avril 2024.

Relancer et relocaliser la production de poudre

Eurenco, détenu par l'État français depuis sa création en 2004, se positionne comme le leader européen des poudres et explosifs, avec des sites non seulement en France (Bergerac et Sorgues), mais aussi en Suède, en Belgique et aux États-Unis. Jusqu'à aujourd'hui, 65 % de la production d'Eurenco est exportée vers des partenaires européens, parmi lesquels figurent Ruag (Suisse), Rheinmetall (Allemagne), PGZ (Pologne) ou encore CSG (République tchèque).  L'usine historique de Bergerac ayant été démantelée en 2007, la nouvelle usine d'Eurenco vise à produire 1.200 tonnes de poudre par an, ce qui permettrait de remplir l'équivalent de 500.000 charges modulaires.

La mise en service est prévue pour le premier trimestre 2025, avec les premiers envois à destination de l'Ukraine également prévus durant cette période. Eurenco de son côté, qui prévoit d'investir 500 millions d'euros dans le développement de ses activités, et qui a un carnet de commandes rempli à ras bord jusqu'en 2030, s'est engagé à multiplier par dix sa production actuelle d'ici à 2026, ce qui la ferait ainsi passer de 7.500 à 16.700 charges complètes par mois.

« Montrer à la Russie et à tous les autres qu'on est prêt »

À la suite de l'inauguration de l'usine de poudre d'Eurenco à Bergerac, Emmanuel Macron a organisé une réunion stratégique avec les leaders de l'industrie de l'armement français. Étaient ainsi convoquées Dassault, Airbus, Nexter, Thales, MBDA et Naval Group. « Produire plus et plus vite », tel fût le mot d'ordre de l'exécutif. « On veut montrer à la Russie et à tous les autres qu'on est prêt », a-t-il insisté.

Obus de 155 mm pour les canons Caesar, bombes, têtes de missiles, torpilles, munitions de moyen calibre, la relance de la filière de la poudre d'armement par Emmanuel Macron entre de ce fait dans le cadre du passage de la France dans « l'économie de guerre ». Tout comme l'annonce de la relance de la production de tritium, un gaz rare essentiel dans la production d'armes de dissuasion nucléaire, l'initiative du Président répond à un double objectif : relocaliser et augmenter la capacité de production d'armement pour assurer la souveraineté stratégique de la France et lui permettre de répondre aux commandes militaires, et soutenir l'Ukraine dans le conflit qui l'oppose à la Russie.

Paolo Garoscio

Journaliste chez EconomieMatin. Ex-Chef de Projet chez TEMA (Groupe ATC), Ex-Clubic. Diplômé de Philosophie logique et de sciences du langage (Master LoPhiSC de l'Université Paris IV Sorbonne) et de LLCE Italien.