Les tensions en Asie ne cessent de monter, avec une rivalité de plus en plus vive entre des puissances comme la Chine et les États-Unis. Dans ce climat, Pékin a décidé de lancer un projet d’envergure : construire le plus grand centre de commandement militaire souterrain de la planète. Ce chantier, qui interpelle comme inquiète certains spécialistes, montre bien les ambitions militaires grandissantes de la Chine, notamment avec des développements comme le drone innovant.
Un projet gigantesque à l’ouest de Pékin
À l’ouest de Pékin, on trouve un complexe qu’on appelle familièrement « Beijing Military City ». Il s’étale sur 1 500 hectares, soit dix fois la superficie du Pentagone américain. Ce site doit servir de QG pour le haut commandement de l’Armée Populaire de Libération (APL) en cas de conflit, même dans des situations où le nucléaire serait en jeu. Les travaux ont débuté à la mi-2024 et, pour vous donner une idée, plus de 100 grues bossent en même temps sur un emplacement de cinq kilomètres carrés. Le tout reste assez discret dans les documents officiels, et autour de la zone, on a mis en place des mesures strictes.
Pendant ce temps, dans le sud-ouest de la Chine à Mianyang, un autre complexe innovant se dessine : le « Laser Fusion Major Device Laboratory ». Ce bâtiment en forme de X est équipé de lasers hyper puissants, capables de générer des températures extrêmes pour déclencher des réactions de fusion nucléaire par confinement inertiel. Pour vous situer, ces installations dépassent celles du National Ignition Facility (NIF) en Californie et du Laser Mégajoule juste à côté de Bordeaux.
Un héritage historique qui inspire la stratégie
Ce chantier s’inscrit dans la lignée de constructions datant de la Guerre froide, où la création de refuges souterrains résistants était une priorité. L’ingénieur Qian Qihu, formé en ex-URSS, a été l’inspiration derrière ces structures anti-nucléaires, conçues pour encaisser des bombes comme la GBU-57A/B américaine. La modernisation de l’armée chinoise passe par cette infrastructure, mais aussi par le développement de son arsenal nucléaire et la mise en service de nouveaux systèmes d’armement.
La Chine ne s’arrête pas là, elle possède déjà d’autres bases souterraines, comme celle de Xishan, découverte en 2018, qui comporte une immense grotte d’environ 2 000 mètres de profondeur. Ces créations montrent clairement que Pékin ne cherche pas seulement à suivre Washington, mais bien à le devancer sur le plan stratégique.
Ce que cela change sur la scène internationale
Sur le plan militaire, ces avancées ont de nombreuses retombées. Grâce à des technologies ultra modernes dans ces laboratoires, la Chine peut simuler le comportement de ses ogives thermonucléaires sans enfreindre le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).
Les avis ne sont pas unanimes à l’international. Pour certains experts, ce centre pourrait jouer à la fois le rôle d’un centre administratif et d’un centre d’entraînement militaire. Ainsi, selon Hsu Yen-chi, chercheur taïwanais, « la taille du site indique un projet stratégique majeur ». D’autres analystes le voient comme une étape importante dans la modernisation du potentiel militaire chinois.
Même si les autorités chinoises n’ont jamais confirmé officiellement l’existence de ce projet, Washington observe ces évolutions avec attention, tandis que Pékin continue d’affirmer sa politique défensive pacifique malgré les inquiétudes qui se font entendre.








