L’idée qu’il puisse exister une planètes inconnues dans notre système solaire fait vraiment rêver. On imagine souvent cette planète hypothétique, toute en retrait aux confins de notre voisinage spatial, comme la pièce manquante pour expliquer certaines bizarreries astronomiques. Mais pourquoi cette recherche tient-elle tant à cœur et comment pourrait-elle modifier notre vision du cosmos ?
Une trouvaille qui pourrait tout changer
Les spécialistes s’accordent sur le fait qu’une neuvième planète pourrait se cacher au bout du système solaire. Selon eux, elle serait de nature gazeuse, un peu comme Uranus et Neptune, sauf qu’elle serait plus petite tout en restant bien plus imposante que la Terre : environ dix fois plus lourde et trois fois plus grosse. On lui prête souvent les surnoms de « super-Terre » ou de « mini-Neptune« . Sa trajectoire l’éloignerait beaucoup du Soleil, oscillant entre 200 et 300 fois la distance qui sépare la Terre du Soleil au plus proche, et atteignant jusqu’à 1200 fois cette distance au plus éloigné. Autour du Soleil, elle mettrait à peu près 20 000 ans pour faire le tour.
Pour étayer leur hypothèse, les chercheurs se basent essentiellement sur les trajectoires étranges repérées dans la ceinture de Kuiper. Les objets qui s’y trouvent roulent en suivant des courses un peu chaotiques, ce qui intrigue énormément. Par exemple, six astres éloignés semblent s’organiser d’un certain ordre, avec seulement 0,007 % de chances que cet alignement se fasse par hasard.
Des fouilles intensives et des discussions animées
Konstantin Batygin et Mike Brown, du Caltech, ont mené des études détaillées sur ces trajectoires mystérieuses. Grâce à des simulations du système solaire externe, ils proposent qu’une neuvième planète, dotée d’une masse dix fois supérieure à celle de la Terre, pourrait expliquer ces étranges comportements orbitaux. Ils pensent aussi que cette hypothétique planète pourrait influencer une population d’astres qui tournent de manière perpendiculaire au plan habituel du système solaire.
Cela dit, tout le monde n’est pas du même avis. Hal Levion, du Southwest Research Institute, reste sceptique vis-à-vis de ces affirmations, en rappelant que pas mal d’hypothèses similaires se sont révélées infondées par le passé. Cependant, d’autres chercheurs comme Alessandro Morbidelli voient dans les travaux de Batygin et Brown un argument sérieux pour défendre l’idée de l’existence de cette neuvième planète.
Petits défis techniques et recherche qui continue
Localiser cette planète n’est pas de tout repos. Du fait qu’elle se trouve à des distances astronomiques et qu’elle ne brille pas beaucoup, il est vraiment difficile de la repérer directement. Pour se faire une idée, Pluton peut briller jusqu’à 10 000 fois plus fort, alors que cette potentiellle neuvième planète n’affiche pratiquement aucune signature thermique et renvoie très peu la lumière du Soleil.
Malgré ces difficultés, les recherches ne s’arrêtent pas. Batygin et Brown utilisent actuellement le télescope Subaru à Hawaï pour tenter de mettre la main sur cette mystérieuse planète, illustrant l’importance de la recherche spatiale. De son côté, Chad Trujillo prévoit de lancer ses propres investigations le long de l’orbite annoncée.
L’avenir de l’astronomie sous de beaux auspices
L’observatoire Vera C. Rubin, installé au Chili, représente un véritable espoir pour vérifier l’existence ou non de cette neuvième planète. Avec sa caméra ultra-puissante de 3 200 mégapixels, il devrait être opérationnel dès 2025 et pourrait bien découvrir environ 40 000 objets dans la ceinture de Kuiper.








