Guerre secrète et pierres de couleur : les opérations clandestines du GRU contre les Etats-Unis en Afghanistan

Pendant plusieurs années, la Russie a orchestré une opération clandestine visant à affaiblir la présence militaire américaine en Afghanistan.

Publié le
Lecture : 2 min
Via des sociétés d'achat de pierres précieuses, le GRU a financé des attaques contre les Etats-Unis en Afghanistan. Pixabay
Via des sociétés d'achat de pierres précieuses, le GRU a financé des attaques contre les Etats-Unis en Afghanistan. Pixabay | Armees.com

Pendant plusieurs années, la Russie a orchestré une opération clandestine visant à affaiblir la présence militaire américaine en Afghanistan. Les services de renseignements russes ont établi des connexions directes avec les Talibans, mettant en place un système complexe de financement et de soutien logistique. Retour sur une guerre de l’ombre qui a laissé des traces profondes.

Le financement des attaques : un stratagème bien huilé

Pendant près d’une décennie, explique The Insider, les services de renseignements militaires russes, spécifiquement l’unité 29155 du GRU, ont mené une opération clandestine pour financer les attaques des Talibans contre les forces américaines et de la coalition en Afghanistan. Utilisant des sociétés écrans, comme une entreprise de commerce de pierres précieuses basée à Moscou, le GRU a acheminé des fonds via un réseau sophistiqué de courriers afghans. Ces courriers étaient récompensés par des documents russes et des offres d’asile.

Les paiements, souvent en dollars américains, étaient destinés à encourager des attaques ciblées sur les bases américaines. Selon des sources de l’ancien service de renseignements afghan (NDS), environ 200 000 dollars étaient versés par soldat américain tué. Ce programme a coûté environ 30 millions de dollars, une somme modeste comparée aux milliards dépensés par les États-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, mais suffisante pour infliger des pertes stratégiques.

Les investigations ont également révélé que ces fonds transitaient par des circuits discrets en Asie centrale, en passant par le Tadjikistan, la Chine et le Pakistan. Ce système évitait les détections directes, permettant à Moscou de nier toute implication.

Une collaboration directe avec les Talibans

Initialement, les Russes se sont appuyés sur des intermédiaires iraniens pour établir des relations avec les Talibans. Cependant, à partir de 2016, le GRU a commencé à travailler directement avec des commandants talibans. Cette évolution a marqué un tournant, transformant une assistance ponctuelle en une stratégie de guerre par procuration.

Les contacts entre Moscou et les Talibans ont été facilités par des agents russes comme Rahmatullah Azizi, un passeur de Kunduz devenu une pièce maîtresse du réseau. Azizi et son équipe transportaient de l’argent liquide et coordonnaient les attaques, notamment celle de la base de Bagram en 2019, qui a causé des dégâts considérables.

Cette collaboration ne s’est pas arrêtée à la chute du gouvernement afghan soutenu par les États-Unis. Les officiers du GRU continuent de maintenir des relations avec les dirigeants talibans. Ces interactions s’inscrivent dans une stratégie plus large de Moscou visant à renforcer son influence en Asie centrale tout en affaiblissant ses rivaux occidentaux.

Laisser un commentaire

Share to...