Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’aide occidentale se compose d’un volet financier, mais surtout militaire. Parmi les armes les plus demandées par Kiev se trouve une innovation portée par le géant français Safran.
Safran en première ligne pour fournir des armes dans la guerre en Ukraine
Ils l’appellent la « wonder weapon », et elle ne vient ni de Lockheed ni de Boeing. Forgée dans le silence d’une usine de Montluçon, une bombe « modulaire » française s’impose dans l’ombre des missiles guidés et des drones hypersoniques. L’AASM, acronyme d’Armement Air-Sol Modulaire, développée par l’équipementier français Safran, est devenue l’un des piliers tactiques de la riposte ukrainienne face à la Russie. Alors que les tensions s’exacerbent sur les lignes de front, cette munition discrète est de plus en plus utilisée par les troupes au sol.
Si Safran est principalement reconnu pour ses moteurs équipant Airbus et Boeing, c’est désormais son pôle défense qui attire les regards. L’usine de Montluçon, nichée en plein cœur de l’Allier, abrite la production de l’AASM, une bombe classique augmentée, transformée en projectile intelligent grâce à un double kit modulaire : un module de guidage à l’avant, un propulseur à l’arrière.
Cette technologie permet à l’AASM, aussi connue sous le nom de Hammer, de se passer totalement du GPS. Un atout décisif quand les brouilleurs russes rendent aveugles les munitions américaines JDAM. À tel point que, selon Le Parisien, « le gouvernement français a demandé à Safran d’intégrer les AASM sur des chasseurs ukrainiens, après que les munitions américaines JDAM à guidage GPS rataient leurs cibles ». Le résultat est sans appel : 830 unités produites en 2024, 1 200 prévues en 2025, soit une multiplication par quatre de la cadence depuis le début de l’invasion. À cinquante unités mensuelles, la chaîne ne fléchit pas, et Kiev, elle, en réclame toujours plus.
L’AASM, une réponse chirurgicale à la guerre électronique
Ce qui distingue cette bombe française, ce n’est pas sa force de frappe brute, mais sa capacité à viser juste. Là où le brouillage rend le champ de bataille incertain, l’AASM corrige le tir grâce à un système inertiel autonome. Cette indépendance technologique est une aubaine en Ukraine, surtout sur un terrain truffé de brouilleurs.
La précision de l’AASM, capable d’atteindre des cibles fixes comme mobiles, peu importe l’altitude, fait mouche. Et elle le fait en silence, sans besoin de satellite. Le ministère des Armées souligne même la capacité à réaliser des « frappes simultanées air-sol de très haute précision ».
Le surnom donné à l’AASM par les observateurs américains n’est pas anodin. Baptisée « wonder weapon », elle n’a rien d’une hyperbole. Ce bijou de précision, produit localement, s’impose désormais comme l’alternative européenne aux munitions américaines défaillantes dans un environnement saturé de contre-mesures électroniques.








