Le 28 janvier 2026, une étude du Center for Strategic and International Studies a livré une estimation globale du coût humain de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine depuis février 2022. En combinant données ouvertes, évaluations occidentales et chiffres issus d’organisations internationales, les chercheurs estiment que la guerre a déjà causé près de deux millions de victimes militaires, incluant les morts, les blessés et les disparus.
Ukraine : Une guerre aux pertes militaires sans précédent
Selon l’étude du Center for Strategic and International Studies, l’armée russe concentre à elle seule environ 1,2 million de victimes militaires depuis le début de la guerre. Ce total inclut les soldats tués, blessés au combat et portés disparus, dans un contexte où les rotations d’unités et les engagements répétés sur des fronts figés ont entraîné une usure constante des forces.
Dans le détail, les auteurs estiment que jusqu’à 325 000 militaires russes ont été tués. Une hécatombe rarement observée pour une armée conventionnelle moderne. Le Center for Strategic and International Studies souligne que, depuis 1945, aucune grande puissance militaire n’a subi un tel niveau de pertes humaines dans un conflit prolongé. Cette situation résulte notamment de l’emploi intensif de l’artillerie, de vagues d’assauts d’infanterie et d’une doctrine offensive privilégiant la saturation au détriment de la protection des effectifs.
La structure même de l’armée russe a amplifié ce phénomène. Le recours massif à des unités de mobilisation, à des réservistes insuffisamment formés et à des formations pénitentiaires a mécaniquement accru la vulnérabilité des troupes engagées. Dans cette guerre, la supériorité numérique a souvent été obtenue au prix de pertes élevées, un choix opérationnel assumé par Moscou mais lourd de conséquences humaines.
L’armée ukrainienne face à l’érosion progressive de ses effectifs
Du côté ukrainien, la guerre a également provoqué des pertes considérables, bien que moindres en volume que celles subies par la Russie. L’étude estime entre 500 000 et 600 000 le nombre total de victimes militaires ukrainiennes. Parmi elles, entre 100 000 et 140 000 soldats auraient été tués depuis février 2022, selon les données reprises par le Guardian.
Ces chiffres traduisent la pression continue exercée sur les forces ukrainiennes, contraintes de défendre un front étendu face à un adversaire disposant d’une profondeur stratégique et démographique supérieure. La guerre a mobilisé une part significative de la population masculine en âge de combattre, tandis que les unités professionnelles ont subi de lourdes pertes dès les premières phases du conflit. Malgré une meilleure discipline tactique et un usage plus ciblé des capacités occidentales, l’armée ukrainienne n’a pas été épargnée par la logique d’attrition.
Les pertes ukrainiennes reflètent aussi l’évolution du champ de bataille. Les combats pour les villes fortifiées, les zones industrielles et les axes logistiques ont entraîné un engagement constant d’unités mécanisées et d’infanterie légère. Cette réalité pèse durablement sur la capacité de Kiev à renouveler ses forces et à maintenir un niveau opérationnel élevé.
Civils, blessés et projections : le coût humain global de la guerre
Au-delà des armées, la guerre continue de frapper durement les civils ukrainiens. Les Nations unies recensent près de 15 000 morts civils vérifiés depuis le début du conflit, un chiffre repris par le Kyiv Post. Les observateurs internationaux estiment toutefois que le bilan réel est nettement supérieur, de nombreuses zones restant inaccessibles aux équipes de vérification en raison des combats ou de l’occupation.
Pour la seule année 2025, plus de 2 500 civils auraient été tués et plus de 12 000 blessés, selon les données des Nations unies relayées par le Kyiv Post. Ces chiffres traduisent la persistance des frappes à longue portée, des bombardements d’infrastructures énergétiques et des combats urbains, malgré l’enlisement apparent du front. La guerre conserve ainsi une dimension profondément asymétrique pour les populations, exposées aux effets indirects des opérations militaires.
Les projections avancées par le Center for Strategic and International Studies renforcent le caractère alarmant de la situation. Selon l’étude, le nombre total de victimes militaires de la guerre pourrait atteindre deux millions dès le printemps 2026 si aucune rupture stratégique majeure n’intervient.








