Le 8 septembre 2025, au cœur d’une guerre qui a déjà fait près de 60 000 morts dans la bande de Gaza, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dévoilé un plan en neuf mesures destiné à sanctionner Israël. Ces annonces visent à renforcer la pression internationale et à répondre à ce que Madrid décrit comme un « génocide ».
Gaza au centre d’un embargo militaire espagnol contre Israël
Pedro Sánchez a officialisé un embargo complet sur les armes à destination d’Israël, entériné par un décret-loi d’urgence. Selon Cadena SER, ce texte interdit toute vente et tout transfert d’armements, consolidant un veto déjà amorcé mais désormais acté. En parallèle, Madrid a interdit l’accès de ses ports aux navires transportant du carburant destiné à l’armée israélienne, et a fermé son espace aérien aux avions impliqués dans l’acheminement de matériel militaire, a confirmé Reuters.
Dans un discours retransmis à la télévision nationale, Sánchez a justifié ces choix en des termes d’une rare fermeté : « Ce n’est pas de l’auto-défense, ce n’est même pas une attaque. C’est l’extermination d’un peuple sans défense », a-t-il déclaré selon l’Associated Press. Ces mots forts témoignent de l’alignement du gouvernement espagnol sur une vision humanitaire du conflit, au détriment des relations bilatérales avec Israël.
Des sanctions économiques et diplomatiques inédites
Outre l’embargo militaire, le gouvernement a décrété l’interdiction d’entrée en Espagne de toute personne identifiée comme impliquée dans le « génocide », selon AP. Madrid a également décidé d’un embargo sur les produits issus des colonies israéliennes, considérées comme illégales en droit international, et de réduire les services consulaires aux ressortissants espagnols résidant dans ces zones. Une décision qui s’inscrit dans la lignée des prises de parole du gouvernement espagnol de gauche, largement opposé à la politique expansionniste israélienne. Selon le gouvernement espagnol, l’offensive israélienne en réponse aux attaques du 7 octobre 2023 a déjà fait près de 2 millions de déplacés à Gaza, dont la moitié sont des mineurs, et environ 60 000 victimes.
En parallèle des sanctions, Madrid a annoncé une augmentation massive de son aide humanitaire. Selon Cadena SER, le budget espagnol destiné à Gaza atteindra 150 millions d’euros en 2026, soit une enveloppe sans précédent. De plus, la contribution à l’UNRWA, agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens, sera relevée de 10 millions d’euros supplémentaires. Ces annonces placent l’Espagne parmi les principaux donateurs européens dans la région.








